Comment se reproduisent les animaux
Pourquoi les animaux se reproduisent-ils ?
Un moyen simple de multiplication : le partage du corps
Il faut généralement être deux pour se reproduire
Quelles différences entre mâles et femelles de la même espèce?
A la recherche de l'accouplement
Mâle et femelle après l'accouplement
De la fécondation à la naissance
Certaines femelles pondent les oeufs
D'autres font naître des petits déjà formés
De la naissance à l'âge adulte
Certains animaux éduquent-ils leurs petits ?
La reproduction et l'évolution des espèces animales
Pourquoi les animaux se reproduisent-ils ? (retour sommaire)
Tous les animaux ont une durée de vie limitée. Après avoir vécu, soit quelques jours (comme certains insectes), soit une centaine d'années (comme les tortues géantes), chacun d'eux finit par mourir.
Toutes les espèces ne tarderaient pas à disparaître de notre planète si les animaux adultes n'avaient pas, avant de mourir, donné naissance à des petits qui vivront après eux et se reproduiront à leur tour.
Cette nécessité de se reproduire, pour prolonger l'espèce, semble inscrite dans la mémoire de tous les animaux, car ils supportent tout : la fatigue, la soif, la faim et parfois la douleur et la mort, pour que leurs petits naissent et puissent vivre après eux.
Les lois de la reproduction (retour sommaire)
Seul un être vivant peut transmettre la vie:
Depuis les temps anciens, les hommes savaient comment se reproduisent leurs animaux familiers, ils voyaient les chèvres donner la vie à des chevreaux, les brebis à des agneaux. Pourtant, ils ont longtemps cru que certains petits animaux pouvaient naître spontanément sans avoir eu de parents. On appelait cela la génération spontanée.
Des personnes, pourtant sérieuses et instruites, furent longtemps persuadées que des vieux chiffons peuvent donner naissance à des souris, que de la viande peut se transformer en asticots.
Il y a plus d'un siècle, le scientifique français Louis Pasteur démontra par des expériences que même les êtres microscopiques ne peuvent naître spontanément. Un être vivant, si petit soit-il, a obligatoirement été produit par un autre être vivant de la même espèce que lui.
On ne trouve des petites souris dans des chiffons que si leur mère est venue s'y nicher pour leur naissance. Il n'y a d'asticots sur de la viande que si une mouche est venue y pondre ses oeufs. C'est la même chose pour les microbes qui sont la cause de nombreuses maladies. En désinfectant une blessure, ce qui tue les premiers microbes, on empêche leur multiplication et cela évite à la blessure de s'aggraver.
Un animal adulte ne peut produire que des jeunes de la même espèce que lui:
Une vache ne peut donner naissance qu'à des veaux, une chatte qu'à des chatons. Selon la race des parents, les petits peuvent avoir des poils longs ou courts, d'une couleur ou d'une autre. Par contre, jamais une vache ne produira des agneaux, ni une chienne des chatons.
Seule exception : des espèces très voisines peuvent parfois s'accoupler et produire un petit d'une espèce intermédiaire. Par exemple, avec un âne et une jument, on peut obtenir un mulet ou une mule, mais ces derniers ne pourront pas avoir eux-mêmes de petits.
Si tous les animaux de la même espèce meurent avant d'avoir pu se reproduire, cette espèce disparaît définitivement:
Quand des chasseurs massacrent certains animaux avant leur période de reproduction, quand des pêcheurs ramènent dans leurs filets de grandes quantités de poissons ou de coquillages trop jeunes pour avoir encore pu se reproduire, ils mettent en danger la survie de ces espèces.
Tant qu'il reste un certain nombre de spécimens capables de se reproduire, on peut encore espérer sauvegarder l'espèce en la protégeant. Mais une espèce dont tous les membres ont disparu ne pourra plus jamais exister sur notre planète, même si l'on s'aperçoit par la suite qu'elle aurait pu être très utile.
Par exemple, un gros oiseau, le dronte, appelé aussi dodo, vivait il y a deux siècles sur l'île Maurice. Il n'en reste plus que des représentations, car les hommes ont provoqué sa disparition définitive.
Les restes retrouvés d'espèces disparues:
On retrouve sous forme de fossiles des espèces très anciennes, disparues sans qu'on sache pourquoi. Les plus connues sont les nombreuses espèces de dinosaures.
On connaît aussi un très grand nombre d'espèces disparues récemment, parce que les hommes ont dévasté leurs lieux de vie, en ont laissé tuer tous les spécimens ou ne les ont pas laissé se reproduire.
Cela montre à quel point il est important de connaître, de comprendre et de protéger la reproduction des animaux, si l'on veut sauvegarder toutes les richesses de la nature.
Un moyen simple de multiplication:
le partage du corps (retour sommaire)
Seules certaines espèces d'animaux très simples peuvent se multiplier à partir d'un individu isolé:
Quand les protozoaires, animaux microscopiques composés d'une seule cellule, ont absorbé assez de nourriture, leur corps se partage en deux parties (parfois davantage), formant ainsi plusieurs individus indépendants qui, à leur tour, se diviseront quelques heures plus tard.
Les cellules des autres animaux se divisent également pour se multiplier, mais ne se séparent pas:
Ce qui produit la croissance d'un animal à multiples cellules, c'est leur division qui ajoutera des cellules nouvelles. Mais, à la différence des animaux microscopiques, ces cellules restent soudées entre elles et ne se détachent du corps que quand elles sont mortes. C'est particulièrement visible sur notre peau, notamment sous nos pieds.
Une cellule vivante ne peut se développer que si elle possède les informations nécessaires à son fonctionnement:
Ces informations sont enregistrées (comme sur une disquette d'ordinateur) sur des bâtonnets, appelés chromosomes, présents dans le noyau de chaque cellule. Quand la cellule se divise, ses chromosomes se dédoublent pour que chaque nouvelle cellule possède les mêmes informations lui permettant de se développer et de se reproduire à son tour. Si, en laboratoire, on coupait en deux une cellule avec des outils spéciaux, on n'obtiendrait pas deux cellules; car toute moitié ne possédant pas sa série complète de chromosomes ne pourrait survivre.
Le nombre de chromosomes des cellules varie selon les espèces animales:
Mais il est toujours fixe pour une même espèce (par exemple, mouche du vinaigre : 8 chromosomes; grenouille: 26; chat: 38; homme: 46; cheval: 66; chien: 78). Le nombre est toujours un multiple de 2, car les chromosomes sont regroupés par paires.
Une multiplication continue chez les protozoaires:
En théorie, avec suffisamment de nourriture, un seul protozoaire pourrait, par divisions successives, en produire des milliards en quelques semaines. Néanmoins, le vieillissement des cellules, toutes semblables, provoque la dégénérescence et cela finit par arrêter la multiplication. Le protozoaire ne peut alors se rajeunir qu'en pratiquant un échange de chromosomes avec une autre cellule de même espèce. Alors la multiplication redémarre.
C'est ce phénomène de multiplication qui permet à des bactéries, appelées microbes, d'envahir l'organisme de l'animal ou de l'homme qui en avait absorbé quelques-unes et de provoquer des maladies, parfois graves.
Le bourgeonnement de certains petits animaux:
Chez les infusoires et les hydres d'eau douce, un bourgeon se forme, puis se détache pour former un nouvel individu, un peu comme pour les boutures de plantes.
L'anémone de mer, animal à plusieurs cellules, peut se diviser en deux en largeur ou en hauteur. Cela arrive aussi à certaines étoiles de mer. Mais ces animaux se reproduisent aussi sexuellement comme nous allons le voir.
Il faut généralement être deux pour se reproduire (retour sommaire)
Chez la plupart des animaux, le jeune n'est pas un simple morceau de sa mère, exactement semblable à elle. Il est le produit de la fusion de deux cellules différentes, l'une venue de sa mère, l'autre de son père. On appelle cela la reproduction sexuée.
La mère, de sexe femelle, fabrique des cellules spéciales, appelées ovules, qui ne peuvent se développer qu'après leur fusion avec une seule des très nombreuses cellules, appelées spermatozoïdes, produites par le père, de sexe mâle.
De taille variable selon les espèces, les ovules sont toujours beaucoup plus gros que les spermatozoïdes qui sont visibles seulement au microscope. En effet, en plus des informations inscrites sur les chromosomes, l'ovule contient la nourriture nécessaire au premier développement du futur animal. Si l'on grossissait un spermatozoïde à la taille d'une épingle, l'ovule aurait, en comparaison, la taille d'un melon (s'il s'agit d'un mammifère) ou même d'une montgolfière (pour certains oiseaux).
Si l'on ouvre la coquille d'un oeuf d'oiseau, le jaune forme une seule cellule : l'ovule, qui pourra donner naissance à un poussin s'il a été fécondé, avant la ponte, par un spermatozoïde de mâle de la même espèce.
Le jeune ne reçoit que la moitié des caractéristiques de chacun de ses deux parents:
Deux cellules complètes ne pourraient pas fusionner pour en former une seule, car il y aurait alors le double du nombre nécessaire de chromosomes.
Un ovule et un spermatozoïde peuvent fusionner parce que chaque cellule sexuelle n'a conservé qu'un seul chromosome de chaque paire, pris au hasard, ce qui fait pour chacune la moitié du nombre nécessaire. Quand les deux cellules se réunissent, le nombre de chromosomes caractéristique de l'espèce est rétabli.
Attention, deux ovules ne peuvent fusionner, ni deux spermatozoïdes, ni deux cellules sexuelles d'espèces différentes.
Chaque cellule sexuelle (ovule et spermatozoïde) ne contient que la moitié seulement des chromosomes sur lesquels sont inscrites les informations qui détermineront les caractéristiques de l'animal (forme, couleur, dimensions, emplacement de chaque organe du corps, comportement instinctif, etc.). Cela explique que le père et la mère produisent des petits qui ne sont pas tous identiques. Sans avoir choisi, chaque jeune se voit attribuer, comme dans une loterie, certaines caractéristiques de l'un ou de l'autre de ses parents. Notamment, certains seront des mâles comme leur père et les autres des femelles comme leur mère.
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Quelles différences entre mâles et femelles de la même espèce ? (retour sommaire)
Les différences ne sont pas toujours visibles:
La seule différence fondamentale, c'est que la femelle produit des ovules, tandis que le mâle sécrète du sperme, liquide rempli de millions de spermatozoïdes. Mais cela n'est pas toujours visible à l'extérieur du corps. Dans certaines espèces animales, il est difficile de deviner qui est mâle ou femelle.
Chez de nombreux poissons, à l'époque de la reproduction, c'est seulement en ouvrant leur ventre que l'on découvre la laitance, substance laiteuse remplie de spermatozoïdes (il s'agit donc d'un mâle) ou la rogue, composée de centaines d'ovules (il s'agit alors d'une femelle).
Chez les reptiles, les mammifères et certains insectes, le mâle possède un organe particulier, nommé pénis, qui lui permet de faire pénétrer le sperme dans le corps de la femelle. Ce pénis, parfois très petit ou caché en dehors des moments de reproduction, n'est pas toujours visible.
Seules les femelles des mammifères portent sur le ventre des organes apparents, les mamelles qui leur serviront à allaiter leurs petits.
Chez certains insectes, la femelle se distingue par une tarière qui lui permet de pondre ses oeufs dans le sol, une tige de plante ou le corps d'un autre animal.
Des différences de taille entre mâle et femelle:
Chez les vertébrés, il est assez fréquent que le mâle soit plus grand que la femelle.
Ce n'est pas le cas chez les araignées et les scorpions où il est nettement plus petit, de même chez quelques insectes. Chez certains poissons des grandes profondeurs, le mâle est tellement minuscule à côté de la femelle qu'on le croirait d'une autre espèce. Cela ne l'empêche pas, le moment venu, de jouer son rôle dans la reproduction.
Des attributs différents:
Le bélier possède des cornes, pas la brebis. De même, le cerf porte des bois sur la tête et non la biche. Les cornes sont différentes chez le taureau et la vache, chez le bouc et la chèvre. Le lion possède une crinière que ne possède pas la lionne. La crête du coq ou du dindon est beaucoup plus grosse que celle de leurs femelles.
Quelques coléoptères mâles possèdent une corne volumineuse. Certains papillons mâles portent des antennes énormes leur permettant de sentir de très loin l'odeur des femelles. Chez les blattes et les lampyres (appelés aussi vers luisants), les femelles n'ont pas d'ailes, contrairement aux mâles.
Des couleurs différentes:
Chez les oiseaux, il arrive souvent que le plumage du mâle soit plus coloré que celui de la femelle. Le faisan et le coq possèdent une queue longue et plus éclatante que la faisane et la poule. Seul le paon mâle possède une magnifique parure de plumes qu'il peut relever en faisant la roue. Le canard sauvage, le pivert, le pinson, le merle et le moineau ont des femelles à plumage plus terne qu'eux.
Certains animaux changent de couleur au moment de la reproduction, totalement pour certains poissons, partiellement pour quelques oiseaux.
Une exception : des animaux qui sont à la fois mâle et femelle:
Le lombric, ou ver de terre, et l'escargot possèdent à la fois les organes de mâle et de femelle. Mais ils doivent s'accoupler à un de leurs semblables pour mettre en contact ovules et spermatozoïdes. Après l'accouplement, chacun d'eux est à la fois la mère des oeufs fécondés qu'il va pondre et le père des oeufs du partenaire rencontré.
Chez les huîtres plates, on change de sexe en vieillissant. La jeune huître adulte commence par être mâle et répand dans l'eau de mer des spermatozoïdes qui féconderont des huîtres plus âgées. Plus tard, elle deviendra femelle, aspirera les spermatozoïdes répandus par les jeunes huîtres et donnera ainsi naissance à de petites larves.
Les grenouilles et les tortues d'eau douce peuvent parfois changer de sexe au cours de leur vie.
Certains animaux ne participent pas à la reproduction:
Il existe au contraire des animaux qui ne peuvent participer à la reproduction, ni comme mâle, ni comme femelle. C'est le cas des ouvrières chez les abeilles et les fourmis. Chez ces espèces, la reproduction est réservée à quelques mâles et à une femelle reproductrice par famille : la reine. Celle-ci fabrique des substances empêchant le développement des organes reproducteurs des femelles ouvrières. Il en est de même pour les ouvriers et les soldats chez les termites.
Les hybrides, animaux produits par des parents d'espèces voisines mais différentes, comme le mulet (né d'un âne et d'une jument) ou le tigron (né d'une tigre et d'une lionne), sont incapables de se reproduire.
En élevage, on empêche certains animaux de se reproduire après avoir opéré leurs glandes sexuelles. Cette opération les rend plus calmes et plus gros. Dans ce cas, un veau opéré ne deviendra jamais taureau et restera boeuf, le poulain restera cheval et jamais étalon reproducteur, l'agneau ne pourra être bélier et sera mouton. De même, le pourceau devenant porc et non verrat, le poulet devenant chapon et non coq. Il arrive aussi que l'on fasse subir cette opération aux chiens et chats des deux sexes pour les empêcher d'avoir des petits.
Certains animaux mâles et femelles ne portent pas le même nom:
Dans la nature, tous les noms féminins d'animaux ne désignent pas uniquement des femelles. La chouette n'est pas la femelle du hibou, la grenouille n'est pas la femelle du crapaud. Il s'agit d'espèces différentes ne pouvant pas se reproduire ensemble. De même, un moucheron n'est pas le petit d'une mouche, ni le puceron le petit d'une puce.
Néanmoins, beaucoup d'animaux familiers des hommes ont reçu un nom différent, selon qu'il s'agit du mâle, de la femelle ou d'un petit.
Les voici dans cet ordre: père, mère, petit. Le nom entre parenthèses signifie que l'animal ne peut pas se reproduire.
Chien, chienne, chiot
Chat, chatte, chaton
Lapin, lapine, lapereau
Etalon, (cheval), jument, poulain ou pouliche
Ane, ânesse, ânon
Taureau, (boeuf), vache, veau ou génisse
Verrat, (porc), truie, porcelet
Bouc, chèvre, chevreau
Bélier, (mouton), brebis, agneau ou agnelle
Coq, (chapon), poule, poussin
Canard, cane, caneton
Jars, oie, oison
Dindon, dinde, dindonneau
Cerf, biche, faon
Chevreuil, chevrette, faon
Daim, daine, hère
Sanglier, laie, marcassin
Lièvre, hase, levreau
Renard, renarde, renardeau
Loup, louve, louveteau
Eléphant, éléphante, éléphanteau
Lion, lionne, lionceau
Chameau, chamelle
Singe, guenon
Tigre, tigresse
A la recherche de l'accouplement (retour sommaire)
En quête d'une ou d'un partenaire:
Instinctivement, chaque animal sent que le moment de la reproduction est venu. Pour beaucoup d'espèces, il existe des saisons particulières. Plus rarement, cela peut se passer à différentes époques de l'année.
Afin de retrouver le mâle ou la femelle qu'ils recherchent, les animaux utilisent surtout les sons et les odeurs.
Les appels sonores pour l'accouplement:
Il existe des cris particuliers qui attirent les partenaires pour l'accouplement. C'est la principale signification du chant des oiseaux qui sert à appeler les femelles, mais dissuade aussi les autres mâles de s'approcher. De même, le brame du cerf quand il appelle les biches et cherche à éloigner ses rivaux.
Chez certains insectes, comme le grillon, la cigale, la sauterelle ou le criquet, le mâle produit une musique avec les pattes ou les ailes. Chez les crapauds et les grenouilles mâles, l'appel se fait en gonflant le sac vocal de la bouche, ce qui provoque des sons différents pour chaque espèce.
Les odeurs jouent un grand rôle:
Notamment chez les mammifères, l'odeur de la femelle signale qu'elle est prête pour l'accouplement.
Des expériences ont montré que certains papillons sont capables de repérer une femelle à des kilomètres, grâce à l'odeur qu'elle répand et qu'ils perçoivent avec leurs grandes antennes.
Procédé plus rare, la femelle du lampyre (appelée ver luisant) attire les mâles la nuit avec un signal lumineux continu. Les lucioles le font en clignotant en vol.
La rencontre nécessite parfois un long voyage:
Certaines espèces d'animaux doivent se déplacer pour pouvoir s'accoupler. Non parce qu'il n'existe pas de partenaire dans la région où ils se trouvent, mais parce que la reproduction doit se passer uniquement sur le lieu de leur naissance.
Les crapauds retournent à la mare qui les a vus naître.
Les anguilles de nos rivières doivent aller beaucoup plus loin s'accoupler dans la mer des Sargasses, au large de l'Amérique.
Au contraire, les saumons, les aloses et les esturgeons, poissons de mer, doivent remonter dans les rivières où ils sont nés pour s'y reproduire.
Les baleines migrent dans des mers moins froides à l'époque de la reproduction.
Il faut parfois se battre pour conquérir une femelle:
Quand le moment est venu pour l'accouplement, tous les mâles de la même espèce sont saisis du besoin de trouver une femelle. Il arrive souvent que plusieurs se disputent celle qu'ils ont trouvée au même moment. Seul le vainqueur de la lutte aura droit à l'accouplement.
Chez les abeilles, il s'agit d'une course aérienne. Lorsqu'une jeune femelle a besoin de s'accoupler pour fonder une nouvelle famille, elle s'envole très haut, suivie de tous les mâles de sa ruche. Les plus rapides auront seuls la possibilité de s'accoupler. Mais tous ces mâles, même gagnants, ne survivront pas. Comme ils sont désormais inutiles, les ouvrières leur interdisent l'entrée de la ruche. Etant incapables de se nourrir seuls, ils ne tarderont pas à mourir.
Chez certaines espèces de mammifères, le mâle le plus fort n'aime pas partager et prétend garder seul la domination sur une troupe de femelles. Ainsi le cerf, le daim, le mouflon combattent les autres mâles qui voudraient s'approcher pour s'accoupler avec une de leurs femelles. Cette lutte, brutale mais rarement meurtrière, donne la priorité aux plus forts pour la reproduction de l'espèce.
Parades avant l'accouplement:
Il est fréquent qu'une parade précède l'accouplement.
Certains poissons exécutent en couple un véritable ballet aquatique.
Les scorpions semblent danser avant de rentrer tous deux au terrier pour s'accoupler.
Ce sont les oiseaux qui ont les parades les plus spectaculaires. Le coq de bruyère et le paon font la roue en redressant les plumes de leur queue pour attirer une femelle. Quelques oiseaux mâles d'Océanie décorent un véritable jardin où ils attirent une femelle.
Certains mammifères se lèchent ou se caressent avant de s'accoupler.
Les scientifiques pensent que ces parades instinctives (c'est-à-dire non apprises), toujours les mêmes pour chaque espèce, servent à préparer la femelle à la fécondation de ses ovules. Si elle n'est pas en état d'avoir des petits ou si elle ne reconnaît pas le comportement précis de son espèce, elle refuse la parade et le mâle doit s'adresser à une autre. Chez certains animaux agressifs, cela adoucit les réactions du mâle avant l'accouplement.
Le moment de l'accouplement (retour sommaire)
La rencontre des ovules et des spermatozoïdes se fait parfois dans l'eau, hors du corps des animaux:
Chez les coquillages bivalves, c'est uniquement par le mouvement de l'eau que parviennent les spermatozoïdes des mâles sur les ovules des femelles.
Pour de nombreuses espèces de poissons, toutes les femelles libèrent leurs ovules dans un même lieu, la frayère, et tous les mâles viennent y verser leur laitance. Ainsi font les harengs, les maquereaux, les morues, les sardines. La truite femelle est suivie par plusieurs mâles qui arrosent ses ovules quand elle les pond.
Chez les pieuvres, les grenouilles et beaucoup d'espèces de crapauds, pendant l'accouplement, le mâle recouvre de millions de spermatozoïdes les ovules que la femelle est en train de libérer dans l'eau.
Souvent, le mâle introduit les spermatozoïdes dans le corps de la femelle:
Quand l'animal possède un pénis, il l'utilise pour introduire son sperme dans le corps de la femelle. C'est le cas pour les reptiles, les mammifères et certains insectes.
Certains poissons, comme la raie, la torpille et le requin, le font également en utilisant une nageoire pointue pour guider l'écoulement de la laitance dans le corps de la femelle.
Pour les oiseaux et de nombreux insectes, il suffit d'un rapide contact entre leurs poches sexuelles pour provoquer le passage du sperme du mâle à l'intérieur de la femelle.
Parfois, le contact est indirect. Le mâle dépose ses spermatozoïdes dans une petite poche que la femelle aspire avec ses organes (c'est le cas chez le triton et certains insectes).
La fécondation (retour sommaire)
On appelle fécondation la fusion d'un ovule avec un spermatozoïde:
Le nombre de spermatozoïdes est beaucoup plus important que celui des ovules. Cela donne davantage de chance à chaque ovule d'être fécondé. Dès qu'un spermatozoïde rencontre un ovule, il pénètre à l'intérieur et se fond avec lui pour ne former qu'une seule cellule qu'on appelle oeuf. Désormais, aucun autre spermatozoïde ne pourra y pénétrer. Les plus nombreux, ceux qui n'auront pu féconder un ovule, mourront peu de temps après.
Chez certaines espèces cependant, des spermatozoïdes sont gardés en réserve dans le corps de la femelle. Chez les oiseaux, ils peuvent féconder les oeufs pendant les semaines suivantes. Chez les insectes, un seul accouplement peut donner une réserve de spermatozoïdes pour toute la vie de la femelle. C'est le cas pour la reine des abeilles qui, après un seul accouplement, pondra pendant des années.
La chauve-souris peut retarder la fécondation de ses ovules jusqu'à la saison favorable. La tortue peut attendre jusqu'à 5 ans.
De l'oeuf à l'embryon:
La fusion entre l'ovule et le spermatozoïde, pour former l'oeuf, déclenche une subdivision progressive de la première cellule en 2, puis 4, 8, 16, 32 cellules, etc. Contrairement à celles des protozoaires, ces cellules demeurent soudées et ne sont pas toutes semblables. D'après les informations contenues dans les chromosomes, certaines se diversifient progressivement pour former, selon l'espèce de l'animal, de la coquille ou de la carapace, de la peau, des muscles, de l'os, des nerfs, du sang, etc.
Cette transformation de l'oeuf en embryon (nouvel animal en formation) peut se faire dans le corps de la mère, plus souvent à l'extérieur, lorsque la mère a pondu ses oeufs.
Mâle et femelle après l'accouplement (retour sommaire)
Le mâle se désintéresse souvent de la suite:
Il est fréquent que le mâle, après avoir joué son rôle dans la reproduction, ne s'occupe plus de ce qui suivra.
Chez les insectes, dans bien des cas, il ne tarde pas à mourir. Chez les araignées et les mantes religieuses, il arrive souvent que le mâle soit dévoré par la femelle s'il ne s'échappe pas rapidement après l'accouplement.
Beaucoup de mammifères mâles abandonnent les femelles après l'accouplement. Ils n'en rechercheront à nouveau qu'à la prochaine saison de reproduction.
Mais dans certaines espèces, il joue un rôle de père:
Selon les espèces, le mâle se préoccupe, seul ou avec la femelle, de l'avenir des petits. C'est vrai pour quelques poissons (comme l'épinoche ou l'hippocampe) ou amphibiens (comme le crapaud accoucheur), pour certains mammifères vivant en bandes, comme les singes, et pour la plupart des oiseaux qui vivent en couple.
La femelle ne se préoccupe pas toujours de ce que deviennent les petits:
Chez les insectes, il est fréquent que la femelle meure avant de voir ses oeufs éclore.
Chez les poissons, elle se désintéresse souvent de ce qui arrivera aux petits. A leur naissance, ceux-ci devront se débrouiller par eux-mêmes. On se doute que beaucoup seront la proie de leurs nombreux prédateurs.
Ces espèces animales compensent les pertes en produisant un très grand nombre d'oeufs dont la plupart n'arriveront jamais à l'âge adulte.
Mais souvent aussi elle les surveille, les couve ou les nourrit:
Les femelles araignées et scorpions ne quittent pas les oeufs et transportent même les petits quand ils sont nés.
Les oiseaux couvent leurs oeufs et souvent nourrissent les oisillons.
Les mammifères femelles allaitent les petits après leur naissance.
Les pertes étant plus réduites, le nombre d'oeufs nécessaires à la survie de l'espèce est alors beaucoup plus restreint.
De la fécondation à la naissance (retour sommaire)
Certaines femelles pondent les oeufs (retour sommaire)
Dans de nombreuses espèces animales, les femelles libèrent leurs oeufs. Ceux-ci, généralement enrobés d'une réserve de matière nourrissante, se développent hors du corps de la mère. On dit que ces femelles sont ovipares, c'est-à-dire pondeuses d'oeufs.
C'est le cas des mollusques, des crustacés, des insectes, de la plupart des poissons, des batraciens, de la plupart des reptiles et, bien entendu, des oiseaux.
Pour un oeuf, l'important est d'éclore au bon endroit:
Quand la femelle abandonne ses oeufs, les petits qui naîtront ne pourront survivre que s'ils trouvent le milieu et la nourriture qui leur permettront de se développer.
Beaucoup d'insectes non aquatiques doivent pondre dans l'eau, car c'est là que devront vivre les jeunes larves jusqu'à l'âge adulte. La libellule, la phrygane et l'éphémère pondent sur les herbes aquatiques. La femelle du moustique pond de véritables radeaux d'oeufs flottants.
Chez les poissons, les oeufs sont généralement pondus au milieu des herbes ou des algues où les alevins (bébés poissons) trouveront nourriture et protection; de même chez les amphibiens (grenouilles et crapauds).
Certaines espèces prennent des précautions supplémentaires. Les parents poissons-chats et gonelles surveillent leur nichée. Seul le mâle est le gardien chez l'épinoche et la gobie.
L'hippocampe mâle pousse la protection à l'extrême, il a fait pondre la femelle dans une poche de son ventre et c'est là qu'éclosent les petits. Le crapaud accoucheur a placé les oeufs fécondés sur son dos et les porte jusqu'à l'éclosion.
Il faut que le jeune trouve aussitôt sa nourriture:
De nombreux insectes pondent toujours sur le même type de plante, pas forcément celle qu'ils apprécient eux-mêmes, mais celle dont les jeunes auront besoin. C'est le cas des papillons que l'on désigne sous le nom de la plante consommée par les chenilles auxquelles il donnent naissance : la piéride du chou, le bombyx du mûrier.
Certains insectes ne se contentent pas de pondre sur la plante mais à l'intérieur des tiges, des feuilles, des fruits ou des graines. Cela provoque parfois une tumeur, boursoufflure végétale dont se nourrira la larve (galles des tiges de chêne, boules chevelues des églantiers).
La mite pond dans la laine que mangeront ses larves, la mouche sur la viande qui nourrira les asticots. Certaines espèces de petites guêpes préfèrent assurer de la nourriture fraîche à leurs larves : elles pondent dans le corps d'une chenille qu'elles ont paralysée d'une piqûre. Les larves dévoreront vivant l'animal qui leur a servi de berceau.
Le scarabée mâle offre à la femelle une boule de bouse où celle-ci pondra; cela servira de nourriture au petit.
On comprend que, si certains insectes sont considérés comme ravageurs, c'est moins à cause de ce qu'ils mangent à l'âge adulte (sauf pour les bandes de criquets) que pour les dégâts provoqués par leurs larves dès leur naissance.
Certains oeufs ont besoin de chaleur pour éclore:
La tortue marine sort de l'eau pour pondre dans le sable. La chaleur du soleil fait éclore les oeufs et les jeunes tortues qui en sortent se hâtent de retourner dans la mer.
Certains reptiles pondent dans les feuilles mortes. La fermentation produit de la chaleur qui favorise l'éclosion des oeufs. Un oiseau australien utilise aussi cette méthode.
Par contre, la femelle du python recouvre ses oeufs de son corps pour les protéger de tout refroidissement.
Les oeufs des oiseaux doivent rester au chaud pendant une certaine période, de 11 à 60 jours selon les espèces. Cela oblige le couple à bâtir un nid avant la ponte, puis à se relayer pour couver les oeufs en les couvrant de leur plumage. Pour certaines espèces, l'un couve et l'autre lui apporte la nourriture. Le coucou s'épargne ce souci, sa femelle pond dans le nid d'autres espèces pour que chacun de ses oeufs soit couvé par d'autres parents qui nourriront ensuite le petit.
Le manchot empereur vit dans l'Antarctique, désert de glace sans le moindre abri. Un oeuf posé au sol gèlerait rapidement. Un repli de la peau au bas du ventre permet au père de maintenir l'oeuf au chaud, pendant que la mère part se nourrir Quand le poussin naîtra, c'est la mère qui l'abritera ainsi.
La sortie de l'oeuf:
Cela ne pose aucun problème quand les oeufs ont une enveloppe molle que le petit peut manger ou crever.
Chez les oiseaux, l'oeuf est enveloppé d'une membrane qui retient le liquide intérieur et d'une coquille calcaire solide, la sortie serait difficile si l'oisillon ne portait au dessus du bec une partie très dure (qui disparaîtra par la suite) lui permettant de crever les membranes, puis de se libérer en brisant la coquille.
Chez les insectes pondus au centre des végétaux, c'est en mangeant qu'ils traceront la galerie leur permettant de sortir. On voit souvent un petit trou dans une noisette, un marron ou une noix de galle, c'est qu'un petit insecte en est sorti.
La becquée pour beaucoup d'oisillons:
Quand les oisillons sortent de l'oeuf, certains peuvent tout de suite courir ou nager autour de leur mère. On les appelle nidifuges parce qu'ils s'échappent du nid, construit au ras du sol, et ne viennent se réfugier sous les plumes de la mère que pour avoir chaud. Ainsi sont les poussins de la poule, les canetons et petits d'oiseaux aquatiques. Ils se nourrissent par eux-mêmes, comme la plupart des autres petits animaux au sortir de l'oeuf.
Par contre, d'autres naissent nus et presque aveugles, ils doivent rester au nid. On les appelle nidicoles et ils sont nourris par leurs parents jusqu'à ce qu'ils aient pris de la force et des plumes leur permettant de voler. Les parents font un perpétuel va-et-vient pour aller chercher la nourriture, souvent des insectes ou, pour certaines espèces, des poissons. Au retour, les oisillons ouvrent un large bec et les parents les nourrissent. Parfois, chez les oiseaux de mer, les petits plongent le bec dans la gorge des parents pour y prendre la nourriture déjà un peu digérée.
Sans être des mammifères, les pigeons et les tourterelles nourrissent leurs petits d'un liquide crémeux, souvent appelé lait de pigeon, sécrété par leur jabot, une poche de leur gorge. Ils leurs donneront ensuite des graines prédigérées.
Chez cerains insectes aussi:
Quand les larves d'abeilles naissent, elles sont nourries de miel par les ouvrières. Certaines, logées dans des cellules plus grandes, ont droit à une matière plus nourrissante, la gelée royale, qui leur permettra de devenir des reines, c'est-à-dire des femelles reproductrices.
D'autres femelles font naître des petits déjà formés (retour sommaire)
Le ventre de la mère peut servir de couveuse:
Les femelles d'autres espèces gardent les embryons dans leur corps et leur fournissent la nourriture nécessaire jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment développés. On dit que ces femelles sont vivipares, c'est-à-dire donnant naissance à des petits vivants. C'est le cas des mammifères dont les embryons restent dans le ventre de la mère et s'y développent jusqu'à leur naissance. De même pour quelques poissons de la famille des requins.
Quelques reptiles (comme l'orvet, la vipère, certains lézards) et quelques requins semblent vivipares, mais en réalité les femelles se sont contentées de garder les oeufs dans le ventre jusqu'à leur développement complet, si bien que les petits sortent vivants, parfois encore enveloppés de l'enveloppe de l'oeuf qu'ils crèvent aussitôt. On dit que ces femelles sont ovovivipares.
Une poche spéciale pour mettre en couveuse les nouveau-nés trop fragiles:
Les marsupiaux sont considérés comme les plus anciens des mammifères. C'est surtout en Australie et dans les îles voisines que l'on en trouve encore couramment. On les appelle ainsi à cause de la poche marsupiale de leur ventre où les femelles abritent leurs nouveau-nés, encore trop petits et fragiles pour vivre séparés d'elles, même un court moment.
Le plus connu des marsupiaux est le kangourou. Quand le petit sort au bas du ventre maternel, 40 jours après la fécondation, il est encore un embryon de 2 centimètres, nu et aveugle. Son instinct le pousse à grimper le long du ventre, attiré par l'odeur de la poche où se trouvent les mamelles. Dès qu'il y est parvenu, il saisit dans sa bouche l'une des mamelles qu'il ne lâchera plus pendant des semaines. A force de téter, il grandit et grossit, commence à sortir la tête de la poche, grignote les herbes à sa portée quand sa mère broute elle-même. Après 6 ou 7 mois, il fait des escapades autour de la mère mais, à la moindre alerte, il revient se blottir dans la poche qu'il n'abandonne qu'après le huitième mois, sans renoncer totalement à la tétée.
Bien d'autres animaux d'Australie (et quelques-uns au sud de l'Amérique) sont également des marsupiaux : le koala des forêts d'eucalyptus, mais aussi des mammifères à poche ressemblant à nos loups, souris, écureuils, marmottes, taupes. Il faut noter que les deux derniers creusent des terriers et ont la poche ouverte vers l'arrière, ce qui lui évite de se remplir de terre quand la mère rampe.
L'embryon est nourri à l'intérieur du ventre des autres mammifères:
Tous les autres mammifères que nous connaissons (de la souris à l'éléphant) donnent naissance à leurs petits lorsqu'ils sont suffisamment robustes pour se passer de leur mère pendant quelques heures, lui permettant d'aller brouter ou chasser entre les tétées.
Après avoir été fécondé, l'oeuf minuscule se niche dans l'utérus, poche interne du ventre maternel, pendant une période appelée gestation. L'embryon épuiserait rapidement les réserves contenues dans l'oeuf, mais son corps communique par un tuyau, le cordon ombilical, avec un tissu spongieux, le placenta, fixé à la paroi de l'utérus, lui permettant de puiser, dans le sang maternel qui circule de l'autre côté de la paroi, la nourriture et l'oxygène dont il a besoin pour se développer. Voilà pourquoi les scientifiques appellent tous ces animaux des mammifères placentaires.
Chez de nombreuses espèces de petite taille (souris, lapin, chat, chien), plusieurs embryons se développent en même temps et les naissances multiples sont la règle générale. Pour les plus grands mammifères, il n'y en a généralement qu'un seul à la fois.
Le ou les embryons grandissent dans l'utérus de la mère pendant un temps de gestation variable selon les espèces (1 mois pour la lapine, 2 pour la chienne, 5 pour la chèvre, 11 pour la jument, 21 pour l'éléphante). Ils sortiront alors du ventre de leur mère.
La naissance des jeunes mammifères:
Quand le développement de l'embryon arrive à son terme, l'utérus de la mère se contracte pour provoquer la sortie du ou des petits. Après avoir vécu dans une poche d'eau et respiré grâce à l'oxygène du sang de sa mère, chaque petit devra, pour la première fois, respirer par lui-même avec ses poumons.
La femelle s'allonge généralement pour favoriser la naissance. Quand le petit sort de son ventre, elle le lèche. Ce moment est très important car, tout en le nettoyant, elle apprend à reconnaître son odeur. Si, par accident, la mère n'a pu lécher son petit (ou un de ses petits) à la naissance, elle ne le reconnaît plus et refuse de s'en occuper par la suite, notamment de l'allaiter.
Chez les cétacés, tels que la baleine ou le dauphin, la naissance se passe dans l'eau mais, comme le petit a besoin de respirer à la surface, la mère le soutient lui permettre. Les autres femelles qui l'entourent l'aident si c'est nécessaire.
Une nourriture spéciale pour les nouveau-nés des mammifères:
Les femelles mammifères sont connues pour nourrir les petits avec un produit nourrissant, sécrété par des glandes particulières : les mamelles. Les tétines ou mamelons vont par paires, de nombre variable selon les espèces, une seule paire située sur la poitrine (guenon, éléphante, chauve-souris) ou à l'arrière du ventre (jument, baleine), 2 ou 3 paires pour la vache, 5 ou 7 pour la truie.
Moins crémeux chez l'ânesse et la jument, très épais chez les cétacés, le lait est le meilleur aliment de croissance des bébés mammifères et lorsqu'une mère refuse d'allaiter un petit, on ne peut le sauver qu'en le nourrissant au biberon.
La période d'allaitement est très variable selon les espèces (de 5 jours chez le tanrec, petit insectivore de Madagascar, à plus de 4 ans chez l'éléphant).
De la naissance à l'âge adulte (retour sommaire)
Les petits de certaines espèces ont, dès la naissance, la forme de leurs parents:
C'est le cas de la plupart des vertébrés et, chez les mollusques, de l'escargot et de la pieuvre.
Les proportions sont souvent différentes. Le ventre des alevins, gonflé des réserves de l'oeuf, est plus rond que celui des poissons adultes. Chez les jeunes mammifères et les oisillons, généralement la tête est proportionnellement plus grosse. Les yeux ont souvent déjà leur taille définitive, ce qui les fait paraître très grands et plus expressifs.
Certains jeunes naissent très différents de l'adulte qu'ils deviendront:
Dans ce cas, on appelle le jeune une larve.
Chez les mollusques bivalves, comme la moule, l'huître ou la coquille Saint-Jacques, la larve nage et ne possède que l'ébauche d'une seule coquille. Un peu plus tard, une double coquille se forme et l'animal se fixe ou vit au fond de la mer.
La plupart des jeunes crustacés, comme la crevette, le crabe, le homard, devront changer plusieurs fois de forme avant de ressembler aux adultes de leur espèce.
A la naissance, des poissons cylindriques comme le congre ou l'anguille sont d'abord tout plats.
Le têtard, petit de la grenouille, n'a pas encore de pattes et respire dans l'eau comme les poissons.
Les larves de nombreuses espèces d'insectes n'ont aucune ressemblance avec leurs parents et on a parfois cru qu'il s'agissait d'animaux différents. Les larves ne possèdent pas d'ailes, certaines pas de pattes, comme l'asticot qui deviendra une mouche. Elles vivent souvent dans un autre milieu que les parents : dans l'eau pour celles de la libellule ou du moustique, sous terre pour la cigale ou le hanneton. Pour certaines espèces, la vie larvaire dure longtemps (3 ans pour l'éphémère et le hanneton, 4 ans pour la cigale, des dizaines d'années pour les insectes rongeurs de bois), beaucoup plus que leur vie adulte (quelques heures seulement pour l'éphémère, quelques mois pour la plupart des autres). La vie de ces larves se termine par une métamorphose.
Une croissance régulière pour certains petits:
Pour certaines espèces, la croissance se fait régulièrement par l'augmentation progressive du nombre de cellules des différentes parties du corps. Les os s'allongent, les muscles deviennent plus gros et plus puissants.
En général, quand le petit a atteint la taille adulte, sa croissance s'arrête et il devient capable de donner lui-même naissance à des petits.
Pourtant, cette taille limite de l'âge adulte n'existe pas chez les poissons et leur croissance peut continuer jusqu'à la mort.
Chez les mollusques, la ou les coquilles s'accroissent en même temps que le corps se trouvant à l'intérieur. On voit les traces régulières de cet agrandissement progressif.
Des mues successives quand l'enveloppe ne peut s'agrandir:
Chez les crustacés, la carapace ne peut s'agrandir au rythme de la croissance du jeune. Aussi, périodiquement, une mue est nécessaire : la vieille carapace se fend, l'animal se gonfle d'eau, puis sa peau se durcit et se transforme en nouvelle carapace. Période dangereuse, car l'animal se trouve un moment sans protection, mais il sera ensuite à l'aise jusqu'à une prochaine mue.
Certains jeunes insectes grandissent par mues successives. Il en est de même pour la peau des serpents et des lézards dont on retrouve parfois des lambeaux pendant la mue. Par contre, les écailles des tortues s'agrandissent régulièrement comme les coquillages.
En se modifiant un peu à chaque mue, il est possible de devenir progressivement adulte. C'est le cas pour les crustacés et certains insectes.
Mais certains jeunes doivent subir une métamorphose pour devenir adultes:
Pour certaines espèces, une transformation plus profonde est nécessaire : la métamorphose.
Pour devenir grenouille, le têtard développe ses poumons et ses pattes, tandis que ses branchies et sa queue se résorbent.
Chez les poissons plats, comme la sole ou le carrelet, qui possèdent à la naissance un oeil de chaque côté du corps, l'oeil de la face inférieure se déplace progressivement pour rejoindre le second. Comme l'autre n'a pas bougé, l'ensemble n'est pas symétrique.
Chez beaucoup d'insectes, la métamorphose doit être si profonde que la vie de l'animal semble s'arrêter pendant une période appelée nymphose. Dans certains cas, les organes restent plus ou moins visibles, sous une enveloppe temporaire, il s'agit d'une nymphe (libellule ou cigale). Si l'ensemble du corps est emballé, il s'agit d'une chrysalide (papillon) ou d'une pupe (mouche). La chrysalide de certaines espèces est enveloppée d'un cocon protecteur (ver à soie). A l'abri, le corps de la larve se transforme totalement et, par une nouvelle naissance, un insecte adulte sortira de la nymphe ou de la chrysalide.
Certains animaux éduquent-ils leurs petits ? (retour sommaire)
Il faut éviter de se représenter les animaux comme des humains, même si nos animaux familiers, à force de vivre avec nous, ont parfois tendance à se comporter comme nous et ont perdu une partie de leurs instincts naturels de vie.
Beaucoup d'animaux vivant dans la nature n'ont jamais vu leurs parents et parfois jamais d'adultes de leur espèce. Quand ils arrivent à l'âge adulte, cela ne les empêche pas de se comporter comme l'ont fait leurs parents, pour se nourrir, se défendre et se reproduire. Parce que, sans aucun apprentissage, leurs comportements instinctifs sont inscrits sur les chromosomes qu'ils ont reçus dans l'oeuf et qu'ils transmettront à leur tour.
Même les petits qui vivent avec leurs parents, réagissent instinctivement à des stimulations. L'oisillon ouvre le bec dès qu'une forme ressemblant un peu à ses parents approche du nid. Le poussin picore quand il entend le bruit d'un picorement. Les petits mammifères carnivores jouent à la poursuite et à la bagarre avec les frères et soeurs.
Lorsque les mammifères vivent en bandes, l'imitation des autres se fait d'elle-même. Chaque petit apprend à grimper, à chasser sous la protection des adultes du groupe (de singes ou de loups, par exemple). Néanmoins, un jeune isolé après la fin de l'allaitement peut généralement survivre grâce à son instinct.
En revanche, chez les insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites), un individu isolé a absolument besoin du groupe où il est né. Seul, il n'existe plus. C'est le contact des autres qui provoque son comportement et lui fournit sa nourriture.
La reproduction et l'évolution des espèces animales (retour sommaire)
Chaque espèce se transmet sans changement grâce aux chromosomes:
Des observations d'animaux, comme sur le pélican et ses petits, écrites il y a plus de 2000 ans par les Grecs ou les Romains restent encore valables.
Par contre, on retrouve, sous forme de fossiles, des animaux disparus, il y a des millions d'années. En les comparant aux espèces actuelles, on constate qu'il s'est produit une lente mais importante évolution du monde animal. C'est ce qu'on appelle l'évolutionnisme.
Comment expliquer la contradiction entre des espèces fixes et l'évolution générale du monde animal?
On a cru un moment que, peu à peu, les organes des animaux se transformaient selon leur utilité. Par exemple, que le cou des girafes se serait étiré pour leur permettre d'attraper les feuilles des arbres, le nez des éléphants allongé en trompe pour la même raison. Mais on n'a jamais pu découvrir une preuve de cette hypothèse, appelée transformisme. Il a fallu rechercher d'autres causes.
De nombreuses variations au sein des espèces:
Les scientifiques étudient les espèces qui se reproduisent rapidement. Ils utilisent beaucoup une petite mouche, appeleée drosophile, dont ils obtiennent en 3 mois des arrière-petits fils. Cela permet d'étudier en quelques années une centaine de générations successives et d'observer les changements. Ils constatent de nombreuses petites variations, appelées mutations, dont on ne connaît généralement pas la cause, mais qui se transmettent aux générations suivantes.
Sans que l'on sache pourquoi, certaines informations inscrites sur les chromosomes semblent reproduites différemment, ce qui provoque des changements plus ou moins importants chez les jeunes qui naîtront.
La sélection naturelle:
Quand une mutation handicape l'animal, il a moins de chance de survivre et de se reproduire. Dans d'autres cas, elle est pour lui un avantage et il aura plus de chance de la transmettre à un grand nombre de petits.
Ainsi, au cours de millions d'années, les animaux se sont diversifiés. Ceux qui étaient les plus avantagés se sont multipliés au détriment des autres. Ainsi, les marsupiaux d'Australie ont survécu parce qu'ils étaient isolés dans leur île. Dans nos pays, concurrencés par les placentaires, plus robustes à leur naissance, les marsupiaux ont disparu depuis longtemps, on n'en retrouve que des fossiles.
Mais on est encore loin de connaître exactement comment s'est produite la longue évolution du monde animal.
L'intervention des hommes sur la reproduction de certains animaux:
Il y a des milliers d'années, les hommes capturèrent dans des enclos des animaux qui leur servaient de réserves vivantes de nourriture. Certains d'entre eux s'habituèrent à la présence humaine et acceptèrent même de travailler ou de se laisser traire. On appelle cela la domestication. Le plus ancien animal domestique est le mouton, il y a 11 000 ans, suivi par la chèvre, le porc, le chameau, le cheval, l'âne, l'éléphant d'Asie, la vache, la poule, le chat, le chien, l'oie. Les plus récemment domestiqués sont le lapin et le dindon, depuis quand même plus de 2 000 ans.
Les anciens cultivateurs choisirent les bêtes les plus robustes et les plus dociles pour les faire reproduire et ils obtinrent des variétés de plus en plus éloignées des espèces sauvages (le porc actuel ne ressemble plus au sanglier dont il provient). Ils accouplèrent des variétés différentes trouvées dans d'autres régions et produisirent de nouvelles races. C'est la sélection artificielle.
A l'origine, une espèce unique, celle du chien, a produit une grande diversité de races (plus de 300) allant du minuscule chihuaha (1,8 kg) au dogue allemand (60 kg).
La fécondation artificielle:
Actuellement, on va plus loin pour obtenir une meilleure sélection. On recueille le sperme de quelques mâles choisis pour leurs qualités exceptionnelles. En le diluant et en le conservant au froid, cela permet la fécondation artificielle de centaines de femelles. Quand les ovules d'une femelle sont prêts à la reproduction, on introduit dans son utérus, avec un tube, une quantité de sperme suffisante pour la fécondation.
On introduit même parfois les embryons provenant des meilleures vaches dans l'utérus d'autres femelles qui les porteront dans leur ventre jusqu'à la naissance.
Dans les élevages de poules pondeuses (d'où viennent la plupart des oeufs, non fécondés, que nous consommons), il n'y a pas de coq. Ceux-ci sont réservés à certaines poules qui produiront des oeufs fécondés, mis en couveuse artificielle pour fournir des poussins. La plupart des mâles seront mis de côté et engraissés comme poulets et les femelles gardées comme pondeuses d'oeufs non fécondés, destinés à l'alimentation humaine.
Certains scientifiques essaient même, par des manipulations génétiques, de modifier les informations inscrites sur les chromosomes. On atteint parfois les limites de la prudence avec le risque de produire des monstres dangereux pour l'avenir.
Récapitulation (retour sommaire)
Lexique:
Chromosomes : bâtonnets contenus dans le noyau de chaque cellu-le vivante et sur lesquels sont inscrites toutes les informations nécessaires au développement. Les chromosomes se trouvent toujours par paires dans les cellules nor-males; par contre, il n'y en a qu'un seul de chaque paire dans les cellules sexuelles : spermatozoïdes et ovules
Chrysalide : enveloppe enveloppant totalement une larve d'insecte en cours de métamorphose
Cocon : enveloppe recouvrant la chrysalide de certaines chenilles (exemple : le ver à soie)
Eclosion : sortie de l'oeuf d'un jeune animal
Embryon : animal en cours de formation avant la naissance
Fécondation : fusion d'un ovule femelle avec un spermatozoïde mâle
Gestation : chez les mammifères, période de développement du petit dans la ventre de sa mère
Insémination artificielle : fécondation provoquée par l'homme en injectant le sperme d'un animal mâle dans l'organe sexuel d'une femelle (surtout pratiquée avec les mammifères domestiques)
Larve : jeune animal n'ayant pas encore les caractéristiques de l'adulte de son espèce
Mamelle : glande des mammifères femelles sécrétant du lait
Marsupiaux : mammifères protégeant leurs petits dans un poche spéciale de leur ventre, pendant les premières semaines
Métamorphose : transformation profonde du corps d'un jeune animal pour devenir adulte (ex : chenille devenant papillon, asticot devenant mouche)
Mue : changement de carapace ou de peau rigide permettant la croissance d'un animal
Nymphe : enveloppe entourant toutes les parties du corps d'une larve en cours de métamorphose, appelée dans ce cas nymphose
Oeuf : réunion d'un ovule et d'un spermatozoïde
Ovipare : animal qui pond des oeufs
Ovovivipare : animal qui garde ses oeufs dans le ventre jusqu'à leur éclosion
Ovule : cellule sexuelle femelle
Pénis : organe permettant à certains mâles d'introduire leurs spermatozoïdes dans le corps d'une femelle
Placentaires : mammifères gardant et nourrissant les embryons dans leur ventre, par l'intermédiaire d'un tissu gonflé de sang, le placenta
Pupe : chrysalide de mouche
Sélection naturelle : phénomène par lequel les ani-maux les mieux adaptés à leur milieu l'emportent sur les autres
Sélection par l'homme : choix, pour la reproduction, des animaux les mieux adaptés aux besoins des hommes
Spermatozoïde : cellule sexuelle mâle
Vivipare : animal dont les petits sont nourris dans le ventre de leur mère avant leur naissance
Jeu-questionnaire (retour sommaire)
Noter les bonnes réponses. Par exemple: 12: a, b, d,e. Les réponses exactes sont indiquées à la fin.
O 1: Lesquels de ces animaux se multiplient simplement en se coupant en deux ou plusieurs morceaux ?
a) l'étoile de mer?
b) la mouche?
c) le protozoaire?
d) le serpent?
e) l'hydre d'eau douce?
o 2: Quels sont ceux qui ont besoin d'être deux : un mâle et une femelle?
a) L'éléphant?
b) le cheval?
c) l'anémone de mer?
d) la libellule?
e) le hibou?
o 3: Quels animaux ne participent jamais à la reproduction?
a) L'escargot?
b) l'ouvrière abeille?
c) le moustique?
d) le boeuf?
e) le termite soldat?
o 4: Quel mâle est reconnaissable de la femelle?
a) le cerf?
b) le rat?
c) la libellule?
d) le coq?
e) le hareng?
o 5: Quels animaux sont à la fois mâle et femelle?
a) le ver de terre?
b) le corbeau?
c) l'escargot?
d) l'huitre plate?
e) la baleine?
o 6: Pour lesquels la fécondation des ovules se passe dans l'eau?
a) la grenouille?
b) la mouette?
c) la truite?
d) la moule?
e) le castor?
o 7: Pour lesquels la fécondation se passe dans le ventre de la femelle?
a) le merlan?
b) le moineau?
c) le dauphin?
d) la coquille Saint-Jacques?
e) l'éléphant?
o 8: Quelles femelles pondent les oeufs fécondés?
a) l'autruche?
b) la langouste?
c) la mouche?
d) la chienne?
e) la tortue?
f) la cigogne?
o 9: Quelles femelles les gardent dans leur ventre jusqu'à la naissance des petits?
a) l'abeille?
b) la lionne?
c) la biche?
d) la tourterelle?
e) la gazelle?
f) la coccinelle?
o 10: Quelles femelles nourrissent les petits après leur naissance?
a) la carpe?
b) la brebis?
c) la vipère?
d) la cigale?
e) la jument?
f) la mésange?
o 11: Quel petit doit subir une métamorphose pour devenir adulte?
a) le chat ?
b) la chenille?
c) le ver de terre?
d) l'asticot?
e) la larve de libellule?
f) le poussin?
1: a, c, e – 2: a, b, c, d, e (l'anémone de mer peut parfois s'en passer) – 3: b, d, e (le boeuf parce qu'on lui a supprimé les glandes mâles) – 4: a, d – 5: a, c, d – 6: a, c, d – 7: b, c, e – 8: a, b, c, e, f (les mammifères ne pondent pas d'oeufs) – 9: b, c, e (les oiseaux, les poissons et les insectes pondent des oeufs) – 10: b, e, f (les insectes, les poissons et les reptiles laissent leurs petits se nourrir seuls) – 11: b, d, e (les autres sont simplement plus petits à la naissance, mais ils grandiront).