LES RELATIONS ENTRE ANIMAUX

Sommaire:

En relation pour se nourrir

Prédateurs contre proies

Les animaux parasites

L'association entre espèces différentes

Côte à côte pour manger

Ensemble pour pêcher ou chasser

Les animaux et la vie collective

Se déplacer en foule

Se rassembler pour dormir ou pour hiberner

Les divers modes de vie de famille

Des familles élargies

Des animaux qui ne peuvent vivre qu'en société

Des conflits au sein de la même espèce

Moyens de défense ou d'attaque

Les armes corporelles des animaux

Armes chimiques et électriques

Les moyens de protection des animaux

La communication entre animaux

Signaux et messages visuels

La communication sonore chez les insectes

Messages sonores chez les poissons et les batraciens

Les chants des oiseaux

Les cris des mammifères

Peut-on parler de langage chez les animaux ?

Comment appelle-t-on les cris des animaux ?

Récapitulation

Lexique

jeu-questionnaire


Les relations entre animaux


Les animaux sont fréquemment en relation avec d'autres. Au sein de leur espèce, ils vivent parfois ensemble ou, au contraire, se trouvent en rivalité. Avec les animaux d'autres espèces, ils se côtoient souvent, s'associent parfois mais vivent plus souvent en conflit mortel. Ils ne manquent pas de moyens pour combattre ou se défendre. Ils communiquent aussi de diverses façons. Il y a beaucoup à découvrir sur les relations entre animaux.


En relation pour se nourrir


Prédateurs contre proies (retour sommaire)


Dans la nature, la relation extrême de conflit entre animaux est la prédation. Certains, appelés prédateurs, en tuent d'autres, appelées proies, afin de se nourrir. Les prédateurs sont appelés aussi insectivores quand leurs proies sont des insectes, piscivores quand ce sont des poissons, carnivores s'il s'agit de vertébrés terrestres.

Tout le monde connaît les mammifères carnivores (loup, renard, chien, chat, lion, fouine, etc.), les oiseaux rapaces (aigle, faucon, hibou), mais il existe des prédateurs dans tout l'éventail de la vie animale : la méduse, l'étoile et l'anémone de mer, certains mollusques (cône, calmar, pieuvre), les araignées, un certain nombre d'insectes (guêpe, libellule, etc.), la plupart des crustacés, des poissons, des reptiles et des batraciens sont des prédateurs puisqu'ils se nourrissent d'autres animaux.


Les animaux totalement végétariens ne sont jamais prédateurs:

De nombreux mollusques et insectes, la plupart des tortues et des rongeurs, tous les mammifères ongulés (à sabots) ne se nourrissent que de végétaux et ne sont jamais prédateurs d'autres animaux. Par contre, ils sont souvent eux-mêmes la proie de prédateurs.


Le prédateur ne se nourrit généralement pas d'animaux de son espèce:

Un proverbe dit : "Les loups ne se mangent pas entre eux". C'est vrai aussi pour les autres animaux qui recherchent leurs proies dans des espèces différentes, mais quelquefois proches de la leur. L'exception est le cas où une femelle d'araignée ou de mante religieuse dévore le mâle après l'accouplement, sacrifiant le père pour mieux nourrir ses oeufs.


Tout prédateur peut devenir la proie d'un autre prédateur:

Il serait faux de croire que le monde animal se partage en deux groupes : les proies, faibles et gentilles, et les prédateurs, méchants et nuisibles. Les animaux végétariens pourraient devenir dangereux, s'ils sont trop nombreux à manger les plantes. Ce sont alors leurs prédateurs qui, en dévorant une partie des herbivores, rétablissent l'équilibre et empêchent la nature d'être ravagée.

De plus, tout prédateur peut être dévoré à son tour par un autre prédateur, ce qui maintient un équilibre. Par exemple, la coccinelle, prédateur des pucerons végétariens, peut devenir la proie d'une mésange insectivore qui peut elle-même être dévorée par un chat ou un rapace.


Les animaux parasites (retour sommaire)


On appelle parasites les animaux qui se nourrissent au dépens d'un autre animal, appelé hôte, sans chercher toutefois à le faire mourir.

Certains mènent une vie relativement indépendante, comme le moustique femelle, la mouche piqueuse, la punaise des lits ou la sangsue qui sucent du sang d'autres animaux ou de l'homme. Quelques-uns, comme le pou, la puce, les acariens (minuscules animaux proches des araignées), se déplacent peu, vivent plus longtemps sur l'animal dont ils se nourrissent, mais peuvent aussi passer d'un hôte à un autre.

Enfin, certains parasites sans moyen de locomotion ne peuvent que se fixer sur l'hôte qui passe à leur portée. C'est le cas pour les larves d'aoûtats qui se développent sous la peau des animaux ou des personnes passant au contact des herbes où elles attendaient. Certains petits mollusques vivent incrustés dans la chair d'une étoile de mer ou d'un oursin.

Un grand nombre de parasites sont des vers de différentes tailles qui sont avalés à l'état d'oeuf ou de larve par un animal, puis se développent dans un organe de son corps : l'intestin (oxyures, ascaris, ténia), les muscles (trichine), les branchies des poissons ou le foie (douve).


Certains parasites doivent se développer successivement sur plusieurs hôtes d'espèces différentes:

Un ver appelé ligule est avalé d'abord par un petit crustacé, lui-même mangé par un poisson que dévore enfin un oiseau pêcheur. L'oeuf de la grande douve se développe d'abord dans un escargot d'eau, la limnée, puis, devenu larve sous forme de ver, se fixe sur les plantes du bord de l'eau. Cela lui permet d'être avalé par un mammifère venant y brouter et de se fixer alors dans le foie de son hôte définitif.


Le principal danger des parasites vient des maladies qu'ils pruvent transmettre:

Les parasites peuvent causer des douleurs, des démangeaisons, causes d'infection. Les acariens sont responsables de certaines allergies, comme l'asthme. Cela provoque l'affaiblissement de l'hôte, rarement sa mort.

Mais les parasites transportent souvent d'autres parasites plus petits ou des microbes qu'ils transmetttent à l'hôte et qui sont responsables de maladies graves, parfois mortelles. Un petit moustique, l'anophèle, répand le paludisme. Les puces, transportées par des rats, étaient responsables des épidémies de peste qui ravagèrent autrefois le monde. Les poux du corps propagent parfois une grave malasie: le typhus. La glossine, appelée aussi mouche tsé-tsé, a le ventre gorgé du sang qu'elle vient de sucer sur un humain ou un animal. Si ce dernier était atteint de la maladie du sommeil, la mouche pourra transmettre la maladie à ceux qu'elle piquera ensuite.


Un parasitisme limité à la croissance des jeunes:

Quelques espèces d'oiseaux vont pondre dans le nid des autres en leur laissant le soin de couver et de nourrir le petit. Le plus connu est le coucou, mais les femelles de certains canards font la même chose.

Des petites guêpes, comme l'ammophile ou le sphex, paralysent des chenilles ou d'autres insectes pour y pondre leurs oeufs. A leur naissance, les larves trouveront de la nourriture fraîche mais, comme elles dévorent leur hôte, elles deviennent ses prédateurs.


L'association entre espèces différentes (retour sommaire)


Certains animaux d'espèces différentes sont parfois associés sans que l'on comprenne toujours l'intérêt qu'ils éprouvent dans cette association.


Profiter de l'abri d'un autre:

Dans les multiples cavités des éponges, vivent de petits invertébrés marins qui y trouvent protection. On découvre souvent dans une moule un minuscule crabe qui y vivait caché ; il ne faisait aucun mal au mollusque et profitait seulement de l'abri des coquilles. La crevette fouisseuse creuse, dans le sable, un terrier dont profite ensuite un poisson, la gobie, qui cohabitera avec elle.

Dans les mers chaudes, le poisson-clown vit souvent caché au milieu des tentacules d'une anémone de mer. Il nettoie celle-ci des déchets de nourriture, tandis que l'anémone le protège des autres poissons qui, s'ils s'approchaient, seraient paralysés par les tentacules venimeux, puis engloutis. De même, certains merlans, insensibles aux filaments venimeux des méduses, se déplacent sous leur protection involontaire.

Plus curieuse encore est l'association fréquente d'un bernard l'ermite transportant, sur la coquille où il s'abrite, une anémone de mer. On a remarqué que, lorsqu'il a grossi et doit choisir une coquille plus grande, il déménage aussi l'anémone. Celle-ci profite des restes de repas du crustacé et, en échange, avec ses tentacules venimeux, elle le protège de ses prédateurs.


Des services réciproques entre espèces différentes:

Dans la brousse, on voit souvent des oiseaux perchés sur les buffles, antilopes, girafes ou rhinocéros. On les appelle pique-boeufs, mais ils ne font aucun mal à ces mammifères : ils se contentent de manger les larves de parasites vivant sous leur peau. Chacun trouve son avantage dans cette association, d'autant plus que les oiseaux s'envolent bruyamment au moindre danger, ce qui donne l'alerte aux mammifères.

Certains poissons, les labres, ont la spécialité, en mangeant toutes les impuretés, de nettoyer les écailles et les ouïes de poissons beaucoup plus gros (mérous, balistes). Ces derniers se laissent patiemment faire, alors qu'ils pourraient facilement avaler leurs petits agents de nettoyage. Le requin accepte que le rémora se fixe sur sa peau pour la nettoyer tout en se faisant transporter. De même, le crocodile, malgré sa férocité, se laisse volontiers nettoyer les dents par certains petits oiseaux, les pluvians, qui osent s'aventurer dans sa gueule ouverte.

Une association encore plus curieuse concerne l'oiseau indicateur (sorte de coucou des pays tropicaux), amateur de miel, qui signale un nid d'abeilles sauvages au ratel, robuste mammifère omnivore. Ce dernier suit l'oiseau et éventre le nid, car il est insensible aux piqûres, puis il déguste le miel. L'indicateur profite largement de ce qui reste.

Lorsqu'une fourmi rousse découvre une chenille d'argus qui sécrète un liquide alléchant et, afin d'en faire profiter les autres, elle la ramène dans la fourmilière où cette invitée passera l'hiver au chaud, non sans dévorer quelques larves de fourmis. Au printemps, l'argus se transforme en papillon bleu qui s'échappe de la fourmilière pour s'accoupler et pondre sur le thym.


Côte à côte pour manger (retour sommaire)


La relation de voisinage la plus souvent observée est celle du repas pris ensemble sur le même lieu.


Au sein de la même espèce:

Il est fréquent que des animaux de la même espèce mangent ensemble, mais la rencontre n'est pas toujours volontaire. De nombreux pucerons sucent la séve de la même plante parce qu'ils sont nés de la même mère. C'est aussi le cas des chenilles sorties de la même grappe d'oeufs pondus par un papillon femelle.

Au moment de la floraison de certaines plantes, des abeilles arrivent des ruches environnantes pour butiner.


Des espèces différentes peuvent se côtoyer sans rivalité:

Dans la savane africaine, on voit souvent se côtoyer sans conflit des herbivores différents (antilopes, zèbres, gnous, girafes), car ils ne recherchent pas tous les mêmes plantes ou la même partie de ces plantes, certains préférant les pousses tendres, d'autres les tiges plus robustes ou les larges feuilles.

Près des points d'eau, voisinent un moment des animaux différents qui veulent boire ou se baigner.


Ensemble pour pêcher ou chasser (retour sommaire)


Attirés par l'abondance des proies:

A certains moments, l'abondance des proies attire de nombreux prédateurs qui ne se réunissent pas volontairement mais se côtoient à cette occasion. Les nuées de moucherons attirent au même instant de nombreuses hirondelles.

Les grizzlis (ours d'Amérique) se rassemblent pour profiter de la migration des saumons qui remontent dans les rivières pour s'y accoupler et pondre leurs oeufs. C'est une époque de pêche fructueuse.

On voit souvent, à marée basse, des oiseaux de rivage fouillant le sable côte à côte pour en déloger vers, coquillages ou petits crustacés. Chacun de ces oiseaux recherche des proies vivant à une profondeur correspondant à la longueur de son bec. Il n'y a donc pas concurrence entre espèces et pas de dispute pour la nourriture.


Certains animaux pêchent ou chassent en groupe:

Il arrive que des groupes de cormorans ou de pélicans, au lieu de pêcher chacun pour soi, se disposent en demi-cercle en battant des ailes pour effrayer les poissons et les obliger à se rabattre vers des eaux moins profondes où il sera plus facile de les capturer.

Les loups, les chacals, les hyènes, les lionnes chassent généralement en groupe. Leur technique habituelle est, en attaquant une troupe de mammifères herbivores (antilopes, zèbres, gnous), d'isoler un individu et de l'encercler pour le mettre à mort.



LES ANIMAUX ET LA VIE COLLECTIVE

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Se déplacer en foule (retour sommaire)


On aperçoit souvent des nuées d'insectes (moucherons, moustiques). Ces animaux ont simplement réagi aux mêmes circonstances (chaleur, humidité) et se trouvent rassemblés sans l'avoir cherché. C'est le cas pour les insectes attirés la nuit par la lumière d'une lampe.

Au cours des migrations, certains animaux se retrouvent ensemble, poussés au même moment par l'instinct qui semble inscrit dans leur corps. Chez les mammifères, les migrations pour trouver de nouveaux espaces de nourriture regroupent momentanément des familles différentes, habituellement séparées. C'est le cas pour les éléphants et les rennes.

Dans certaines migrations, les animaux réagissent aux appels de leurs semblables. On remarque que les criquets migrateurs émettent un bruit particulier quand ils vont entreprendre un déplacement pour trouver ailleurs de la nourriture. De même, à l'automne, les oiseaux migrateurs se rassemblent et s'appellent. On voit souvent les hirondelles regroupées à l'automne, avant le départ pour les pays chauds. Certains, comme les grues et les oies sauvages, volent en formation géométrique (souvent en V) et se relaient en tête du groupe pour fendre le vent.

Beaucoup de poissons marins se déplacent en bancs serrés et l'on a découvert qu'ils se guidaient à l'odeur et à la vue de certaines écailles brillantes de leurs voisins.

Les scientifiques s'interrogent sur les raisons qui poussent les lemmings, petits rongeurs européens, à migrer en masse, à certaines périodes, et périr parfois noyés dans leur fuite irrésistible vers la mer.


De longues migrations pour certaines espèces:

A la saison de la reproduction, des milliers d'anguilles quittent les eaux douces (rivières et étangs) pour aller s'accoupler et pondre dans la mer des Sargasses, au large de l'Amérique. Les larves qui naîtront, les civelles, feront le chemin inverse. Les saumons et certaines espèces de crabes font également en foule de longs déplacements pour aller se reproduire. Des papillons canadiens appelés monarques s'envolent en masse pour passer l'hiver au Mexique.


Se rassembler pour dormir ou pour hiberner (retour sommaire)


Les geckos chassent seuls la nuit mais préfèrent dormir à plusieurs. Certains oiseaux, comme les étourneaux, ont l'habitude de se rassembler dans un arbre pour passer la nuit. C'est aussi le cas des chauves-souris qui se regroupent pour dormir dans une grotte ou toute autre cavité.

A l'approche du froid, les marmottes changent de terrier et se regroupent pour hiberner ensemble, c'est-à-dire dormir pendant toute la durée de l'hiver. Les chauves-souris hibernent également en groupe.

Les carpes et certaines salamandres se rassemblent pour passer la période froide au fond de l'étang.


Les divers modes de vie de famille (retour sommaire)


De nombreux animaux vivent seuls en dehors de la période d'accouplement. Bien qu'il y ait, dans toutes les espèces, des mâles, des femelles et des petits, il ne faut pas croire que les enfants vivent entre papa et maman. On pourra lire dans le document « Comment se reproduisent les animaux » que de nombreux jeunes animaux n'ont jamais connu leurs deux parents qui se sont souvent séparés après l'accouplement.


La vie en couple

Pourtant, chez quelques rares espèces de poissons, le père et la mère surveillent les oeufs jusqu'à leur éclosion.

Les oiseaux vivent généralement en couple, non seulement pour couver les oeufs à tour de rôle, mais ensuite pour nourrir les oisillons. Quand les jeunes, devenus autonomes, quittent définitivement le nid, leurs parents restent souvent unis pour de nouvelles nichées.

Certains couples restent ensemble jusqu'à la migration suivante, comme les hirondelles. D'autres ne se quittent pas pendant plusieurs années successives. Quelques espèces font même preuve d'une fidélité définitive et ne se quittent plus jamais. C'est le cas du grand corbeau, de certains perroquets. Chez le cygne muet et la cigogne blanche, malgré les migrations, le couple ne se dissocie pas.


Parfois, plusieurs couples cohabitent:

Quelques oiseaux aiment regrouper leur nid, comme les corbeaux. Certains les rassemblent dans une même construction comme les tisserins républicains. D'autres vivent en colonies très denses sur les rochers, comme les fous de Bassan, ou sur la banquise, comme les manchots empereurs de l'Antactique. Leurs petits sont rassemblés pour être mieux protégés des prédateurs par les adultes qui les entourent.. Mais chaque couple reste indépendant malgré cette cohabitation. Il faut retrouver les siens au milieu de la foule et parfois faire respecter son espace minimum par les voisins.


Un mâle pour plusieurs femelles:

Chez les mammifères, les petits ne sont allaités et soignés que par leur mère, mais pour certaines espèces le groupe familial rassemble plusieurs femelles et leurs petits autour d'un seul mâle.

C'est le cas chez les cervidés (cerf, daim, chamois) où le mâle domine un harem de femelles qu'il ne laisse pas approcher par d'autres mâles.

On retrouve le même comportement chez les chevaux sauvages, les zèbres, les hippopotames et les éléphants de mer.


Un groupe autonome de femelles:

Chez les éléphants, les femelles s'organisent entre elles pour soigner ensemble les petits, en refusant la présence des mâles qui ne les rejoignent qu'à la saison des accouplements.

Chez les éléphants de mer, chaque mâle est prêt à affronter les autres s'ils s'approchent de ses femelles.


Des familles élargies (retour sommaire)


D'autres espèces de mammifères vivent en groupes plus nombreux, appelés meutes, réunissant plusieurs dizaines de mâles et de femelles. C'est le cas chez les loups, les hyènes, les lions, les singes.

Il s'établit généralement dans ces groupes un système de domination du plus fort, reconnu comme chef jusqu'au jour où, devenu trop vieux, il devra céder la place à un autre plus fort que lui.

Chez les loups, c'est un couple qui domine et la femelle dominante empêche généralement ses rivales de s'accoupler et donc d'avoir des petits, ce qui rend plus fragile la survie de cette espèce. Les loups de la meute hurlent ensemble pour signaler aux meutes rivales la possession de leur territoire de chasse.

Dans les groupes de singes, il existe de nombreux échelons de la domination : depuis le mâle dominant qui règle les disputes jusqu'à celui qui est dominé par tous les autres. Les petits d'une femelle dominante ont toutes les chances d'appartenir aux rangs supérieurs alors que les autres prennent l'habitude, dès leur naissance, de subir la domination. Le nettoyage de la fourrure est chez les babouins une marque d'affection au sein du groupe.


Des femelles qui s'organisent pour chasser:

Les lionnes chassent entre elles mais, contrairement aux éléphantes qui tiennent les mâles à l'écart, elles acceptent que les lions, absents de la chasse, viennent prélever en premier leur part de la proie qu'elles ont tuée.


Une société égalitaire chez les lycaons:

Les lycaons, chiens sauvages d'Afrique, pratiquent une vie communautaire sans domination. Quelques adultes gardent les jeunes pendant que les autres vont chasser. Au retour, les chasseurs régurgitent (recrachent) la nourriture avalée et toute la communauté la mange ensemble.


Certains animaux ne peuvent vivre qu'en société (retour sommaire)


Contrairement aux animaux précédents qui peuvent survivre seuls, on appelle insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites) ceux qui vivent obligatoirement en collectivité nombreuse. Tous issus de la même mère, ils ne tarderaient pas à mourir s'ils se trouvaient définitivement isolés de leur communauté (le ruche, la fourmilière ou la termitière). Les scientifiques ont découvert que chacun de ces insectes a besoin des autres pour se nourrir et que son comportement est commandé par les odeurs, appelées phéromones, et les substances qui s'échangent en permanence entre les membres de ces immenses familles.

Par une répartition des tâches, presque tous sont exclusivement au service de la communauté, pour la construction, l'approvisionnement, les soins aux oeufs et aux larves et ils sont stériles, sans avoir jamais la possibilité de s'accoupler et de se reproduire. Ce rôle est réservé à la femelle reproductrice, autour de laquelle tout s'organise (c'est pourquoi on l'appelle la reine, bien que sa fonction ne soit pas de gouverner, mais uniquement d'assurer le peuplement de la communauté, en pondant sans s'arrêter).

Par exemple, des abeilles peuvent construire une ruche sauvage sur un arbre. Les fourmis rousses peuvent s'attaquer ensemble à un insecte beaucoup plus gros qu'elles.

Chez les termites, seuls quelques adultes ailés peuvent fonder une nouvelle famille qui construira ailleurs une autre termitière.


Des conflits au sein de la même espèce (retour sommaire)


Des combats rituels entre mâles:

Quand un mâle revendique la propriété de plusieurs femelles, il doit s'opposer par la force à tout rival qui veut s'approcher de son harem. Il en résulte des duels parfois spectaculaires, mais très rarement mortels. Les buffles, les bisons, les cerfs se heurtent du front ou se repoussent avec les bois de leur crâne. Les girafes mâles agitent leur cou et frappent le poitrail de l'autre avec ses cornillons (petites cornes de sa tête). Dès que l'un des adversaires sent qu'il a le dessous, il prend une attitude de soumission qui interrompt aussitôt l'affrontement. Le mâle dominant, ayant donné la preuve de sa puissance, ne s'acharne pas sur le rival qui s'éloigne alors.

Animal généralement calme, le buffle mâle manifeste parfois son agressivité contre un autre mâle qu'il a aperçu, en projetant de la terre. Si le rival ne s'éloigne pas, il y aura combat, front contre front.

Chez les animaux vivant en bande, comme les loups ou les singes, le mâle dominant s'impose à tous les autres qui adoptent l'attitude de soumission (le cou tendu pour le loup) s'ils ne se sentent pas de force à l'emporter.

De tels combats existent aussi chez les animaux domestiques transhumants et, parmi les vaches des alpages, la plus forte affronte les autres, front contre front, pour s'imposer comme "reine" du troupeau.


La délimitation du territoire:

Une habitude fréquente des animaux est de délimiter un territoire qu'ils considèrent comme leur domaine privé, interdit à leurs semblables. Il peut s'agir d'un territoire familial, dont l'approche est refusée aux autres mâles.

Chez les prédateurs, il existe aussi des territoires de chasse, beaucoup plus étendus. Réduit à 35 m2 pour le lézard, 400 m2 pour le héron, il peut s'étendre jusqu'à 260 hectares pour la buse et 3000 hectares pour un groupe de lions.

Chez les oiseaux, le chant est une manière de signaler le territoire. Le cri peut aussi avertir de la possession d'un terrain de chasse, comme pour les coyottes ou la meute de loups .

Chez les mammifères, un marquage au sol se fait souvent par l'urine ou les crottes. On peut observer quotidiennement le comportement des chiens mâles. Tout en se promenant, ils flairent un peu partout et, à de nombreux endroits, lèvent la patte pour uriner. Ils envoient, en même temps que l'urine, quelques gouttes jaillies de leur glande à odeur, comme leurs ancêtres le faisaient à l'état sauvage pour marquer leur territoire. De nombreux rongeurs (rats, souris) en font autant. L'hippopotame mâle marque son territoire par ses excréments qu'il disperse et piétine.

Le marquage n'est pas toujours aussi malodorant. Le chat qui possède des glandes à odeur en divers endroits du corps (front, joues, queue), trace son territoire en se frottant aux meubles et même sur les jambes des habitants de la maison. Le cerf marque le sien en frottant ses larmiers (glandes de ses yeux) contre les branches et les troncs de son secteur de forêt.


MOYENS DE DEFENSE OU D'ATTAQUE

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Les armes corporelles des animaux (retour sommaire)


De nombreux animaux utilisent, comme arme d'attaque ou de défense, une partie de leur corps.


Mâchoires, becs et mandibules:

La réaction la plus fréquente est de mordre l'adversaire et, selon la conformation de la mâchoire, cela peut provoquer des blessures plus ou moins graves. Les incisives des herbivores peuvent être coupantes, mais les dents les plus dangereuses sont les canines, particulièrement développées chez les carnassiers (on les appelle alors des crocs). Crocodiles et requins possèdent des mâchoires redoutables. Sans posséder de dents aussi puissantes, les singes n'hésitent pas à mordre pour se défendre.

Les oiseaux donnent souvent des coups de bec. Pourtant, seuls les rapaces possèdent un bec crochu qui est une arme dangereuse.

Les mandibules des insectes peuvent servir d'armes quand elles sont coupantes, ce qui est le cas chez la sauterelle, la mante religieuse, la guêpe, la libellule.


Tentacules, pinces et griffes:

Un autre réaction fréquente est de saisir l'adversaire. Pour cela, certains animaux, comme la pieuvre, l'anémone de mer, l'étoile de mer, utilisent les tentacules ou les bras dont ils sont pourvus.

Certains crustacés, comme le crabe ou le homard, bénéficient de pinces solides. C'est le cas aussi pour les scorpions et quelques insectes.

Parmi les quadrupèdes, seuls les félins (chat, lion, panthère, tigre) possèdent des griffes aiguës parce qu'elles se rétractent quand ils marchent et ne s'usent danc pas. Ce sont donc des armes dangereuses. De même, les serres des oiseaux rapaces, pattes puissantes garnies de griffes solides et acérées.

Le cheval, l'âne et le zèbre utilisent comme arme leurs sabots. Contrairement aux félins qui attaquent avec les pattes de devant, ils se défendent plutôt par des ruades de leurs pattes arrière.

L'éléphant peut saisir ses adversaires avec sa trompe.


Cornes et défenses:

Beaucoup de mammifères herbivores sont pourvus de cornes avec lesquelles ils se défendent. Il s'agit pour certains d'une épaisse couche, de la même matière que nos ongles, entourant deux os du front, comme chez les animaux de la famille du boeuf, du bouc ou du bélier.

Chez les animaux proches du cerf (chamois, renne), il s'agit d'excroissances osseuses, appelées "bois", qui se détachent chaque année et repoussent ensuite avec davantage de longueur et d'embranchements. Parmi les cervidés (famille du cerf) c'est l'élan qui possède les plus grosses cornes.

Le rhinocéros possède une corne fibreuse au milieu du crâne. Chez certaines espèces, elle est double.

Quelques animaux disposent de dents disproportionnées (les défenses) qui ne peuvent servir à mordre ou à mâcher, mais sont utilisées parfois comme arme par l'animal (éléphant, sanglier, morse).


Armes chimiques et électriques (retour sommaire)


Le venin:

Il s'agit d'un liquide toxique, sécrété par certains animaux et qui agit sur leurs adversaires en paralysant les muscles, en provoquant l'arrêt du coeur (venin du cobra) ou des hémorragies internes, le sang se répandant hors des vaisseaux (venin de vipère ou crotale, appelé aussi serpent à sonnette), parfois tout cela en même temps (scorpion). Le venin des araignées et de certains insectes (guêpe, abeille) est moins toxique mais il est dangereux.

Le venin est souvent inoculé par des crochets de la bouche (serpents venimeux, araignées), par un aiguillon du bout de l'abdomen (abeille, frelon, guêpe, scorpion), ou projeté sur les adversaires qui peuvent être aveuglés (c'est le cas de certaines fourmis).

Les filaments des méduses et des anémones de mer sont venimeux. La limace de mer devient vénéneuse en mangeant, sans danger pour elle, des méduses ou des anémones, elle ne peut utiliser ce venin pour combattre mais il la protège des prédateurs. Le crapaud a la peau couverte de glandes à venin, cela lui assure une certaine protection.


La puanteur comme arme de défense:

Un putois, poursuivi par un chien, projette derrière lui le liquide nauséabond de sa glande anale (proche de l'anus) qui joue un peu le rôle de bombe lacrymogène.

Le record dans ce domaine est détenu par la mouffette d'Amérique et la zorille d'Afrique qui aveuglent de cette façon les animaux qui les poursuivent et rend inutilisables, malgré des lavages répétés, les vêtements des chasseurs sur lesquels elles ont projeté leur repoussante odeur.


Le choc électrique:

La torpille, poisson de la famille des raies, et le gymnote, variété d'anguille, possèdent un organe qui peut déclencher des chocs électriques qui paralysent un moment leurs adversaires.


Les moyens de protection des animaux (retour sommaire)


La protection corporelle:

Certains animaux ont le corps naturellement protégé par une coquille (comme de nombreux mollusques), une carapace (comme les crustacés, les tortues, le tatou et le pangolin), des piquants (comme l'oursin, le hérisson, le porc-épic). On découvrira plus de détails à ce sujet dans le document : « Comment s'abritent les animaux ». Il faut se rappeler qu'une telle protection n'est jamais absolue et que tous les animaux cités sont néanmoins victimes de certains prédateurs.


Le salut par la fuite:

La protection la plus couramment utilisée est la fuite devant l'adversaire, en recherchant au plus vite un refuge qui mettra hors de sa portée ou à l'abri de ses regards. Mais pour rendre la fuite plus efficace, il vaut mieux être prévenu à temps. Certaines espèces vivant en groupe ont toujours un guetteur qui avertit les autres de l'approche d'un danger. C'est le cas chez les marmottes et les suricates. La plupart des animaux établissent une distance d'approche des étrangers, au-delà de laquelle ils fuient ou se cachent, parfois après avoir lancé l'alarme aux autres.


La ruse:

Certains oiseaux nichant au sol, comme l'alouette ou le gravelot, savent que leur fuite laisserait sans protection les petits. C'est pourquoi il leur arrive de simuler une blessure en se déplaçant avec peine comme s'ils avaient une patte ou une aile cassée. Le prédateur suit cette proie qu'il juge facile à capturer et se laisse entraîner loin du nid. L'oiseau s'envole alors rapidement, laissant son ennemi à sa surprise.


L'immobilité pour ne pas attirer l'attention:

Certains animaux, mal équipés pour la fuite, ont pour seule ressource de passer inaperçus en ne bougeant plus, souvent en adoptant une posture inhabituelle qui empêchera de les reconnaître. Quelques insectes, comme le phasme, font le mort quand ils se sentent menacés et ressemblent ainsi à une brindille. Certains oiseaux de marais pointent le bec vers le ciel en cas de danger, aussi immobiles que les touffes de roseaux qui les entourent.


L'avantage d'être peu visible:

De nombreux animaux trouvent avantage à être peu repérables dans le milieu où ils vivent. Pour les proies, c'est un moyen de rester inaperçu. Pour les prédateurs, cela permet de s'approcher des proies sans être vu. Il existe plusieurs moyens de ne pas attirer l'attention.


Le camouflage:

Dans la nature, une forme tachetée attire moins le regard qu'une forme unie. De nombreuses espèces animales ont le corps tacheté (panthère, python, grenouille) ou rayé (tigre, zèbre). Chez certaines espèces, ce sont seulement les petits, les plus menacés par les prédateurs, qui ont le pelage du dos protégé des regards par des rayures (marcassins) ou des taches (faons).

Dans les pays enneigés, il est utile d'être blanc comme l'ours polaire. Certains animaux, comme le lièvre variable des zones montagneuses, prennent un pelage blanc l'hiver. Sur le sable du désert, il est avantageux d'être beige.

Les hommes se sont inspirés de ces principes de camouflage pour faire la chasse ou, hélas!, la guerre.

Dans l'eau, la plupart des poissons ont le ventre clair, peu visible pour un prédateur venant dessous, et le dos foncé, se confondant avec le fond pour celui qui se trouve au-dessus.


Le changement de couleur:

Le caméléon est connu pour sa capacité à modifier la couleur de sa peau selon l'environnement dans lequel il se trouve. Il n'est pas le seul : la pieuvre et certains poissons plats, comme la limande, peuvent changer la forme des taches de leur peau pour se confondre avec le fond.


Le mimétisme:

C'est un avantage naturel pour un insecte que de ressembler à une brindille (comme le phasme), à une feuille ou à une fleur (comme certaines sauterelles) ou à un animal immangeable (comme certaines chenilles). Les ocelles, dessins en forme d'yeux sur les ailes de certains papillons, font penser de loin aux yeux des oiseaux rapaces et dissuadent d'autres prédateurs.

On a pourtant exagéré l'importance de ce phénomène curieux. Il ne faut pas croire que ces animaux font exprès de ressembler à autre chose que ce qu'ils sont, ils profitent seulement des avantages qu'ils ont reçus à la naissance sans l'avoir demandé et ils peuvent survivre, alors que d'autres auraient disparu, dévorés par les prédateurs.


Un nuage d'encre pour cacher sa fuite:

La seiche, le calmar et la pieuvre, quand ils sont menacés, envoient dans l'eau un nuage d'encre qui camoufle leur fuite en aveuglant les poursuivants.



LA COMMUNICATION ENTRE ANIMAUX

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Signaux et messages visuels (retour sommaire)


Rares sont les signaux lumineux;

La femelle du lampyre (appelée ver luisant car elle ne possède pas d'ailes, contrairement au mâle) a l'abdomen lumineux et attire ainsi les mâles. Les lucioles envoient, la nuit, des signaux clignotants pour faciliter le rapprochement et l'accouplement. Certaines lucioles imitent le clignotement des lucioles d'autres espèces pour les attirer et les dévorer.

Certains poissons des profondeurs possèdent des organes lumineux pour attirer des proies.


Des repères pour être mieux vu de ses semblables:

Chez les poissons vivant en banc, des écailles particulièrement brillantes permettent à chacun de se repérer par rapport à ses voisins. Dans certains groupes de singes, les fesses roses du mâle dominant servent de signal de ralliement à la troupe. Chez les antilopes, l'écusson blanc, appelé "miroir", entre les cuisses des femelles sert de loin de repère aux mâles. Il en est de même, chez de nombreuses espèces d'oiseaux, pour le plumage coloré des mâles.


Des signaux avant l'accouplement:

A l'époque de l'accouplement, les mâles changent de couleur chez certaines espèces de poissons ou de lézards. Certains oiseaux redressent les plumes de leur queue pour attirer les femelles, on dit qu'ils font la roue. Le paon est le plus connu pour ce comportement.

Pour beaucoup d'animaux, la parade amoureuse précédant l'accouplement est constituée d'une série d'attitudes et de mouvements caractéristiques de chaque espèce.


Des attitudes significatives:

Dans de nombreux cas, c'est l'attitude de l'animal qui traduit ses intentions. Un chat dressant la queue, un chien agitant la sienne manifestent leur joie. Au contraire, un chat qui hérisse son poil et rabat ses oreilles vers l'arrière montre sa colère, de même que le chien quand il retrousse les babines et découvre les crocs.

La plupart des animaux manifestent à leurs semblables, par l'attitude de leur corps, le calme, l'interrogation, la menace ou la soumission au plus fort.

Certains lézards redressent leur collerette pour effrayer les adversaires. Le diodon, appelé aussi poisson-porc-épic, gonfle énormément son corps lorsqu'il est menacé.

Parfois, les proies comprennent de loin l'intention d'un prédateur en observant son attitude. Ainsi, des antilopes ne s'enfuient pas toujours en voyant une panthère arriver pour boire. A sa démarche, elles distinguent si celle-ci n'a plus faim.


La communication sonore chez les insectes (retour sommaire)


En général, ce sont les mâles qui lancent des appels aux femelles. Selon les espèces, il existe de nombreux moyens pour produire des messages sonores.

Pour faire entendre son "cri-cri", le grillon frotte ses deux élytres (ailes cornées qui protègent au repos les ailes fines lui permettant de voler). La sauterelle possède deux élytres différents et racle le cadre lisse du droit avec le bord rugueux (l'archet) du gauche. Le criquet joue en frottant les cuisses rapeuses de ses pattes de derrière. La cigale fait vibrer deux membranes de la face inférieure de son abdomen, provoquant des sons de grande intensité.

Quelques insectes produisent, à certains moments, un bourdonnement particulier de leurs ailes. C'est notamment le cas chez les abeilles quand un groupe se prépare à quitter la ruche surpeuplée, pour former un essaim et aller rechercher un autre abri. Le moustique et la mouche ont également des bruits d'ailes particuliers.

La vrillette provoque des sons par le choc de son corps contre le bois dans lequel elle a rongé sa galerie. Le coléoptère bombardier doit son nom au fait qu'il expulse avec bruit du gaz de son abdomen. Le papillon sphinx tête-de-mort produit un bruit de sifflet en aspirant puis en chassant de l'air de son corps.


Messages sonores des poissons et des batraciens (retour sommaire)


Les poissons ne sont pas silencieux:

On a longtemps cru que la mer était le monde du silence, ce n'est pas vrai. Pendant la guerre, on tentait de repèrer avec un appareil le bruit des navires et surtout des sous-marins. Mais cet appareil révélait souvent des bruits suspects, en l'absence de bateau. D'autres fois, des mines réglées pour exploser au bruit provoqué par l'approche d'un navire ennemi se déclenchaient toutes seules. On découvrit alors que les cétacés (mammifères marins) et les poissons font plus de bruit qu'on ne croit.

Les moules provoquent des craquements en ouvrant et fermant leur coquille. Le homard américain grogne, la langouste frotte bruyamment ses antennes rugueuses contre sa carapace. Certaines crevettes produisent un véritable claquement de pistolet.

Certains poissons grognent, grincent des dents, redressent avec bruit les épines de leur dos ou font craquer leurs os. Leur vessie natatoire peut également produire des sons.

Les mammifères marins ne sont pas plus silencieux que les poissons. Les baleines mugissent, couinent, beuglent ou pépient.

Maintenant les pêcheurs utilisent le sonar, un radar à ultrasons, pour repérer sous l'eau les bancs de poissons et tendre leurs filets aux bons endroits.


Les appels des batraciens:

Chez les batraciens (grenouilles et crapauds), pour appeler les femelles, les mâles gonflent leurs joues ou la peau de leur menton pour amplifier leurs coassements, différents pour chaque espèce. Cela va d'un chant de flûte très doux pour le crapaud accoucheur jusqu'à un véritable mugissement pour la grenouille-boeuf.


Les chants des oiseaux (retour sommaire)


Diverses significations du chant:

Toutes les espèces d'oiseaux n'émettent pas un chant mélodieux. Pour certains, il s'agit plutôt de cris. Selon les circonstances (appel des oisillons affamés, appel des parents pour regrouper leurs petits, cri de douleur, alarme, signal de départ), le cri est différent mais commun à toute l'espèce. Le corbeau possède huit cris différents, le pic dix-sept. Chez les espèces vivant cachées dans les buissons ou les roseaux, le son est généralement plus puissant.


Le chant est caractéristique de chaque espèce:

Dans certaines espèces seulement, les oiseaux réellement chanteurs sont des mâles qui appellent ainsi les femelles, tout en avertissant les autres mâles de ne pas venir s'installer sur leur territoire.

Certains répètent toujours la même ritournelle. D'autres, comme le merle, la grive, le rouge-gorge et le rossignol improvisent des variations. Le pinson et le roitelet modifient leur mélodie en gardant le même rythme. On a remarqué que des oiseaux nés en couveuse et élevés sans contact avec des adultes de leur espèce, savent chanter mais sans apporter de variations à leur chant.

Quelques-uns, comme l'étourneau, le geai ou l'oiseau moqueur d'Amérique, imitent même le chant d'autres espèces. On sait que le mainate et le perroquet peuvent être dressés pour imiter la voix humaine.


Des accents différents selon la région d'origine:

On a remarqué que les goélands en cours de migration se reconnaissaient selon leur région d'origine (ce qui est important pour repartir ensemble), alors que rien ne semblait les différencier. Pourtant, en analysant avec précision l'enregistrement de leurs cris, les scientifiques ont découvert de très légères différences qui correspondraient à l'accent pour les humains (de la même façon que nous différencions à leur prononciation du français un Méridional d'un Alsacien).


L'appel des oisillons:

Le cri des jeunes oiseaux est le principal moyen de reconnaissance par leur mère. Une dinde qui entend un animal empaillé émettant un enregistrement de cris de dindonneaux, s'empresse de le protéger de ses ailes. Par contre elle restera indifférente en voyant ses petits isolés par une cloche de verre épais. Une dinde sourde peut même tuer ses dindonneaux s'ils viennent se mettre dans ses pattes, car elle ne les reconnaît pas.


La communication ne passe pas toujours par le chant:

Le chant n'est pas pour les oiseaux le seul moyen d'envoyer des messages sonores. La cigogne qui est muette, claque bruyamment du bec. Le pic peut tambouriner avec son bec sur les troncs. Certains claquements d'ailes, des bruissements de queue peuvent être des signaux d'alerte ou de départ collectif.


Les cris des mammifères (retour sommaire)


La plupart des mammifères émettent des cris caractéristiques de leur espèce. Seule la girafe crie très rarement, à tel point qu'on la prétendait muette.

Il existe une gamme très variées des messages sonores des mammifères, depuis les petits cris aigus des rongeurs jusqu'au barrissement de l'éléphant, énorme coup de clairon de sa trompe.

Comme chez les oiseaux, les cris peuvent avoir différentes significations selon les circonstances. On reconnaît chez le chien les pleurs, l'aboiement d'avertissement, le grondement de colère et le hurlement d'angoisse. Chez le chat, on distingue facilement le miaulement d'appel du ronronnement de plaisir ou du crachotement de colère.

Le brame du cerf n'est poussé qu'à l'époque des accouplements. Il attire les femelles tout en avertissant les autres mâles de ne pas s'approcher.

Le chamois signale un danger à ses compagnons par un chuintement caractéristique. La marmotte donne l'alerte par un sifflement strident et répété.


Tous les messages ne sortent pas de la gorge:

Pour intimider d'éventuels agresseurs, le gorille se frappe la poitrine comme un tambour. En martelant le sol de ses pattes postérieures, le lapin peut avertir les autres d'un danger.


Emetteurs d'ultrasons:

Les cétacés qui ne possèdent pas de cordes vocales, ne sont pourtant pas muets. Le chant des baleines impressionne tous ceux qui l'ont entendu. Le dauphin émet deux types de sons : des sifflements, audibles par nous, et des ultrasons que seuls les appareils peuvent signaler.

Le champion des ultrasons est la chauve-souris qui se guide la nuit en écoutant l'écho, renvoyé par les obstacles et les proies, des petits cris très aigus qu'elle émet en volant.


Peut-on parler de langage chez les animaux ? (retour sommaire)


Si beaucoup d'animaux peuvent, selon les circonstances, utiliser des cris ou des bruits différents, cela ne peut être comparé à un véritable langage. Néanmoins, les scientifiques étudient ce problème.


Le message dansé des abeilles:

On avait remarqué qu'une abeille ayant découvert une abondance de fleurs, avertissait ses compagnes en revenant à la ruche. Même si on l'empêchait de repartir elle-même, les autres sortaient et volaient dans la bonne direction. Un scientifique autrichien, Karl von Frisch, a observé comment se transmet le message. En revenant à la ruche, l'abeille commence, en frétillant des ailes, une danse en forme de 8 dont un axe désigne la direction à prendre par rapport au soleil. L'odeur de fleurs qu'elle porte sur le corps complète le message et aide les autres abeilles à retrouver le champ fleuri.


Des recherches sur le langage des dauphins:

On a cru un moment que ces animaux intelligents, aimant le contact de l'homme, possédaient un langage suffisamment riche pour nous permettre d'échanger des messages précis avec eux. Malgré les recherches, rien d'important n'a encore été découvert.


Des singes peuvent apprendre le langage gestuel des sourds-muets:

Des chercheurs ont pensé que l'impossibilité pour les singes de prononcer des sons articulés pouvait être surmontée, comme avec les sourds-muets, par un langage gestuel. Effectivement, on obtint par dressage des réponses prouvant, comme on s'en doutait, une certaine intelligence. Jusqu'à présent, rien ne permet d'en conclure que ces animaux sont capables de s'exprimer vraiment.

Mais peut-être découvrira-t-on un jour que certains animaux possèdent d'autres façons de communiquer entre eux que celles décrites dans ce document ou dans celui sur « Les organes des sens des animaux ». Inventera-t-on un nouveau moyen pour l'homme de communiquer avec eux ?


Comment appelle t-on les cris des animaux ? (retour sommaire)

L'abeille ou la mouche bourdonne

L'âne brait

Le boeuf ou la vache meugle

Le cerf ou le daim brame

Le chameau blatère

Le chat miaule

Le cheval hennit

La chèvre ou le mouton bêle

Le chien aboie

La chouette ou le hibou hulule

La cigale ou le criquet stridule

Le cochon ou le sanglier grogne

La colombe ou le pigeon roucoule

Le coq chante

Le corbeau croasse

Le cygne sauvage trompette

Le dindon glougloute

L'éléphant barrit

La grenouille coasse

Le lapin ou le renard glapit

Le lion rugit

Le loup hurle

L'oie cacarde

L'ours grogne

La pie jacasse

La poule glousse ou caquette

Le poussin pépie

Le tigre feule

Récapitulation (retour sommaire)

Lexique: (retour sommaire)

Association : entente entre espèces différentes qui se rendent mutuellement service.

Domination : pouvoir exercé par la force par certains individus sur d'autres de la même espèce.

Harem : groupe de plusieurs femelles appartenant à un seul mâle.

Hibernation : sommeil prolongé de certaines espèces pendant toute la durée de l'hiver.

Hôte : nom donné à l'animal qui héberge, souvent involontairement, des parasites.

Insectes sociaux : nom donné à ceux qui ne peuvent vivre qu'en communauté (abeilles, fourmis, termites).

Migration : déplacement des animaux d'une même espèce, soit pour trouver de meilleures conditions de vie pendant une saison, soit pour aller se reproduire sur les lieux de leur naissance.

Parasite : animal vivant au détriment d'un autre sans chercher à le tuer.

Prédateur : animal se nourrissant d'autres animaux qui sont ses proies.

Proie : animal dont se nourrit un autre animal qui est son prédateur.

Territoire : étendue, variable selon les espèces et le terrain, considérée par un animal ou un groupe comme son domaine privé interdit aux autres de la même espèce.


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Jeu-questionnaire


Pour vérifier si vous avez bien lu le document, inscrivez les bonnes réponses. Par exemple: 11: a, d, e.

Les réponses exactes sont données à la fin.


1 – Quels animaux sont des prédateurs?

a) le papillon?

b) le requin?

c) le tigre?

d) le lapin?

e) la chauve-souris?

f) la vache?


2 - Quels animaux sont les parasites d'autres animaux?

a) la puce?

b) le cheval?

c) la douve?

d) le coucou?

e) le chameau?

f) le ténia?


3 – Quels animaux vivent en groupe?

a) les boas?

b) les mouches?

c) les zèbres?

d) les taupes?

e) les antilopes?

f) les pélicans?


4 – Quels animaux se rassemblent pour dormir l'hiver?

a) les chauves-souris?

b) les chats?

c) les marmottes?

d) les éléphants?

e) les lapins de garenne?

f) les chameaux?


5 – Quels animaux vivent en couple?

a) les harengs?

b) les cigognes?

c) les papillons?

d) les hirondelles?

e) les mouches?

f) les baleines?


6 – Quels animaux vivent en famille élargie?

a) les chats?

b) les loups?

c) les moustiques?

d) les singes?

e) les lionnes?

f) les grenouilles?


7 – Quels animaux ne peuvent vivre qu'en société nombreuse?

a) les mouches?

b) les fourmis?

c) les grenouilles?

d) les moustiques?

e) les abeilles,

f) les termites?


8 – Quelles armes corporelles permettent d'attaquer les autres?

a) l'aiguillon?

b) les dents?

c) la fourrure?

d) les griffes?

e) la coquille?

f) les cornes?


9 – Quels animaux possèdent du venin?

a) la couleuvre?

b) l'abeille?

c) le scorpion?

d) la taupe?

e) le cobra?

f) la vipère?


10 – Quels animaux envoient des messages sonores?

a) la sauterelle,

b) la cigale?

c) le papillon?

d) le corbeau?

e) le grillon?

f) la girafe?


Voici les réponses exactes: - 1: b; c, e. - 2: a, c, d, f. - 3: c, e, f. - 4: a, c, e, f. - 5: b, d. - 6: b, d, e. - 7: b, b, e, f. - 8: a, b, d, f. - 9: b, c, e, f. - 10: a, b, d, e.

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