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« L'école, réparatrice de destins »: débat à l'IUFM - Rennes
samedi 03 mai 2008
La FSU 35, le groupe départemental ICEM-Pédagogie Freinet et la librairie Planète Io organisent une conférence-débat, mercredi 7 mai, à 17 h 30 à l'IUFM de Rennes, amphi Malaguti, autour de l'ouvrage de Paul Le Bohec « L'École, réparatrice de destins » - Post-face de Philippe Meirieu (Ed l'Harmattan).
 
« Cette initiative revêt une actualité toute particulière puisque l'auteur, en nous retraçant avec une verve roborative, une trajectoire professionnelle entièrement vouée à la promotion d'une école publique exigeante et créative, prend l'exact contre-pied des réformes gouvernementales qui minent le Service public d'éducation, souligne le syndicat.
 
« Car le parcours pédagogique de Paul Le Bohec, à l'aune de sa rencontre avec Célestin Freinet, l'a convaincu que l'accès des élèves à une expression écrite et orale libre dans les différents langages (mathématique, artistique, corporel etc.), riche de sens au sein d'un « groupe coopératif », est une clé pour l'émancipation des individus. À l'opposé exact de la conception mécaniste des apprentissages qui anime les nouveaux programmes Darcos pour l'enseignement primaire, rejetés par l'immense majorité des professeurs d'école. »
http://www.ouest-france.fr/2008/05/03/rennes/-L-ecole-reparatrice-de-destins-debat-a-l-IUFM-53587312.html

article paru dans
Les cahiers Pédagogiques
www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=3710
4 mai 2008
Recension parue dans le N°463 de mai 2008
L'école réparatrice de destins?
Sur les pas de la méthode Freinet
Paul Le Bohec, édition L'Harmattan, postface de Philippe Meirieu
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« Pourquoi les poules sont des poules et non pas des vaches? »
Ainsi va Paul Le Bohec dans sa vie, posant des questions là où les autres acceptent les réponses.
La forme illustre le propos: le foisonnement de l'écriture, un petit côté chaotique, inachevé, sont à l'image du foisonnement de la vie et de la pratique de l'auteur. Cet homme-là n'a jamais été un donneur de leçon, son livre n'est pas « un précis de pédagogie Freinet ». On serait d'ailleurs bien en peine de le classer dans un genre.
C'est, tout d'abord, à la fois une autobiographie et une réflexion sur l'autobiographie. Le livre suit le fil chronologique de la longue carrière d'instituteur adjoint, ses débuts à Gevezé en Île et Vilaine en 1941, sa rencontre quasi fortuite avec les idées de Freinet, son épanouissement et son émancipation à Trégastel pendant vingt ans, son parcours de militant atypique du mouvement de l'école moderne, son retour à Rennes dans les années soixante-dix comme enseignant à l'IUT « carrières sociales ». Il se termine par une série de chapitres qui rendent compte des liens, de l'activité et de la correspondance intense qu'il entretient depuis son départ à la retraite. Mais ce fil chronologique est constamment lâché quand l'évocation d'un événement appelle un souvenir, suscite une association ou une proposition. Le récit de vie professionnelle qui s'en dégage fait entrer le lecteur dans la complexité. Les événements biographiques liés à l'enfance, au mariage, au contexte historique et politique (l'occupation, mai 1968), aux mutations d'une école à l'autre, interviennent dans le récit sans pour autant procéder de l'illusion biographique. Entre hasard et nécessité, le « destin » de Paul Le Bohec échappe aux déterminismes, « personne, écrit-il, ne peut lui indiquer son chemin parce qu'il n'y a pas de chemin préalablement dessiné ». Nulle téléologie donc, et surtout pas celle de la « volonté » de se « construire un destin » si présente dans d'autres récits de vie d'enseignants. C'est sans doute cette relation au temps qui lui permet de vivre le présent comme une source intarissable de possibles et d'être toujours tourné, dans la fidélité à lui-même, vers l'émancipation sans rupture. Lorsqu'il se tourne vers l'autobiographie en formation à travers la co-biographie par correspondance, c'est pour autoriser ceux qu'il accompagne dans ce travail à se dégager à leur tour des contraintes pour exprimer leur créativité.
C'est ici l'autre objet de l'ouvrage: Paul le Bohec nous donne une leçon de créativité et de liberté pédagogique, sans prêche, sans prosélytisme. Car si la liberté ne s'enseigne pas, dans son cas elle est contagieuse. Sa première audace, et non la moindre, consiste à s'engager « sur les pas de la méthode Freinet » qu'il utilise pour libérer sa pratique des contraintes de l'enseignement classique. Et il participe au développement des outils de la pédagogie moderne. L'invention du « planning lancement » (seul outil d'évaluation qu'il évoque dans l'ouvrage parce que ce qui le préoccupe c'est l'apprentissage et non sa mesure) l'engage à une nouvelle audace. Bientôt il ose s'émanciper des « incontournables freinétistes » (imprimerie, correspondance, coopérative) pour libérer du temps et de la créativité. Il se fait alors l'inlassable explorateur de la « méthode naturelle » qu'il met à toutes les sauces: écriture, mathématique, dessin, musique: « Tout est possible, on ne recule devant rien! » Paul le Bohec invente sans cesse des outils qui libèrent l'expression et invitent à l'exploration, ainsi l'ingénieuse et simplissime « cage à fil » qui ouvre ses élèves de cours élémentaire à la géométrie dans l'espace. Inventez, explorez, dit-il et vous aurez « le perfectionnement technique en bénéfice secondaire »: pour apprendre à lire: écrire, pour apprendre à calculer : inventez des opérations nouvelles... Pour autant ce pédagogue autodidacte est loin d'être naïf ni rétif au théorique comme en témoigne sa correspondance avec Freinet dont il publie de belles pages, et les citations qui émaillent ses commentaires tel cet aphorisme de Bachelard qui s'applique si bien à la pratique de Le Bohec: « Si la science théorise il faut qu'elle expérimente, si elle expérimente il faut qu'elle théorise. » Comme tout inventeur, ce franc tireur cultive le sens du collectif et cite Popper: « Les conditions de la méthode critique sont sociales et non individuelles ».
L'ouvrage, publié dans l'excellente collection que dirige Gaston Pineau, souffre des inévitables imperfections éditoriales liées au mode de travail de L'Harmattan. L'emploi de l'expression « méthode Freinet » dans le sous-titre pose problème parce que cette formule fige ce qui, dans l'ouvrage, est toujours en mouvement. L'auteur s'en explique sur son site. Le titre interroge également. L'école peut-elle réparer les destins? Oui, répond Paul Le Bohec: voyez les histoires de Rémi, de Christian, Francis, Loïc, et aussi celle de Paul lui-même! Paul le Bohec affirme la fonction émancipatrice de l'école et montre à quelles conditions cette fonction peut s'épanouir. Dans ce livre, il n'est jamais question d'orientation, d'égalité des chances, ni même de réussite scolaire: permettons à l'humanité d'éclore en chaque enfant, le reste viendra « en bénéfice secondaire »!
Yannick Mével
www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=3710

À 86 ans, Paul, l'instituteur, enseigne encore.
Ouest-France publie un portrait de Paul Le Bohec dans un article du 20/2/8.
Paul Le Bohec a passé toute sa vie en Bretagne. Il réside actuellement à La Mézière, près de Rennes. : Philippe Renault
Paul Le Bohec se définit comme un hérétique. Instituteur, disciple de Freinet, il s'est ensuite émancipé. Aujourd'hui, à 86 ans, il se raconte.
Paul Le Bohec ne s'encombre pas de protocole. D'emblée, il tutoie. Cet enseignant a passé sa vie à l'école. Pourtant, enfant il s'y est senti « immergé dans l'ennui jusqu'à la pointe des cheveux ! » Plus tard, à l'école normale, il se met « en réserve de la République. » Rebelle, il se soustrait aux obligations, travaille sur les sujets qu'il choisit. Têtu, il a toujours refusé la routine. « J'ai bénéficié de circonstances favorables quand j'ai pris mon premier poste à Gévezé, près de Rennes, dans une école sans directeur, le 1er septembre 1940. J'y ai créé ma pédagogie, introduit le texte libre. Je n'ai plus jamais été seul. J'étais avec les enfants. »
Gévezé, Orgères, en Ille-et-Vilaine, Langourla et Trégastel, dans les Côtes-du-Nord, où il restera vingt-trois ans. Avant d'être coopté pour intégrer l'IUT carrières sociales de l'université Rennes 1. Dans une ambiance post-soixante-huitarde, souffle un vent de liberté qui n'est pas pour déplaire à l'enseignant qui, dès le début, savait qu'il n'apprendrait pas à obéir.
À 86 ans, ce fils de cheminot breton qui a grandi dans le quartier sud gare de Rennes, dans une famille rassurante « et qui avait du punch », a décidé de raconter sa vie d'enseignant. L'école réparatrice de destins ? (L'harmattan) fourmille d'anecdotes de vie de classe édifiantes et truculentes : « J'ai beaucoup de mémoire, j'ai revécu chaque instant. »
Très vite, Paul le Bohec se coule dans les idées de Célestin Freinet, un pédagogue français, qui, au XXe siècle, a inventé une méthode d'enseignement. « Un génie », dit-il, avec qui il correspond pendant une dizaine d'années. Dans sa classe, où il accueille les enfants de 6 à 9 ans, il porte l'accent sur le développement des langages. Paul Le Bohec a recours à la méthode naturelle, l'expression création en partant de la production des enfants. Tout comme son épouse, institutrice aussi. Pourtant en 1966, le disciple dissipé prend son indépendance et, tout en restant fidèle, s'affranchit du maître Freinet : « en maths, on nous demandait de former des mathématiciens et non plus des calculateurs. Il fallait se désengluer du réel. »
Toute sa vie, Paul Le Bohec a expérimenté, bûché. Pour satisfaire le désir de réussite de son père et puis en pensant à son frère, de six ans son cadet : « Alors que j'allais entrer au cours complémentaire, mon père a décidé de nous envoyer mon frère aîné et moi en pension. » Le jour de la rentrée, le père et ses trois fils prennent le train pour déposer les grands à l'école. La voix de Paul Le Bohec s'étrangle : « Sur le quai de la gare, mon jeune frère n'avait pas compris que l'on allait être séparé. Il s'est accroché à moi en hurlant mon nom. En vain. Mon père l'a monté de force dans le train, pour rentrer à la maison. J'étais paralysé. Encore aujourd'hui, ça me serre le coeur... » Pour Paul Le Bohec, l'enseignant est un fournisseur d'amorces « pour libérer les enfants, les armer pour qu'ils aient des chances d'être plus heureux tout au long de leur vie. » C'est l'histoire de cet enfant qui guérit son bégaiement, de Rémi, dyslexique, qui tient en haleine ses camarades...
Paul Le Bohec l'assure : jamais de doute. Ni de problèmes avec les inspecteurs... L'inverse n'est peut-être pas vrai ! Dans sa classe, « on rigolait beaucoup. » Gamin, avec ses copains, le petit Paul n'était pas leader : « Pour me faire remarquer, j'étais prêt à rendre service ou à faire rire. » Plus tard, il navigue toujours entre l'extrême fantaisie et l'extrême sérieux et milite « pour que les enfants vivent leur vie d'enfant ». En publiant son livre, Paul Le Bohec s'attendait bien à des « C'était bon de ton temps... Les enfants sont différents... Tu n'es plus dans le coup. » Il riposte : « Je me suis toujours appuyé sur la nature de l'être humain. Elle, ne change pas. » Paul Le Bohec a toujours eu des élèves ravis de venir à l'école : « Aujourd'hui, les gosses pourraient être plus heureux et apprendre davantage. Ils ne sont pas bloqués mais encombrés sans doute par davantage de mal-être. Ces techniques d'expression libre sont de plus en plus d'actualité. »
Paul Le Bohec, qui ne s'est jamais soucié de progresser dans la hiérarchie, touche une retraite d'instituteur adjoint depuis trente ans. Mais, comme il dit, « je ne suis pas en retraite car je n'ai finalement jamais été en activité. » Encore aujourd'hui, inépuisable, il s'implique dans le réseau Freinet, participe à la co-formation.
Il écoute le débat sur la lecture : « Ceux qui sont pour la méthode globale se trompent, ceux qui sont pour la méthode syllabique aussi. La lecture n'est pas de première importance. C'est l'écriture qui compte. Quand on commence à écrire, on commence à penser. Lire, c'est être au courant des idées des autres. Écrire, c'est construire sa propre pensée. »
Agnès LE MORVAN
L'école réparatrice de destins ? Sur les pas de la méthode Freinet, de Paul Le Bohec, édition L'Harmattan, postface de Philippe Meirieu, 255 pages, prix public : 23 ¤.
www.ouest-france.fr/a-86-ans-Paul-l-instituteur-enseigne-encore-/re/actuDet/actu_3639-565328------_actu.html

article paru dans
Le café Pédagogique
http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/laclasse/Pages/2008/89_PaulLeBohec.aspx
le 15 janvier 2008
Les leçons d'humanité de Paul Le Bohec
Retenez ce nom : Paul Le Bohec. De lui, Philippe Meirieu écrit : "J'aurais vraiment aimé découvrir cet ouvrage de Paul Le Bohec bien plus tôt. Il m'aurait infiniment aidé aussi bien dans mon travail de recherche que dans mes pratiques d'enseignant". C'est que Paul Le Bohec est d'abord un infatigable chercheur, un libre expérimentateur permanent en matière de pédagogie.
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Nommé instituteur durant la seconde guerre mondiale, il tombe un peu par hasard sur les ouvrages de Freinet. S'en suit des dizaines d'années de correspondances et de confrontation avec le maître. Car Paul Le Bohec est un Freinetien convaincu. C'est à dire que c'est d'abord un esprit libre, capable d'imaginer ses propres solutions et de s'écarter de la doxa du maître quand il l'estime nécessaire. Il remet en question le journal, le conseil, la coopérative mais garde jalousement ses techniques d'expression. " Je n'ai pas toujours suivi Freinet parce que la vie avait changé", nous écrit, dans un mail, à 86 ans, P. Le Bohec. "Par exemple, lors de l'apparition des maths modernes, j'ai compris qu'on ne nous demandait plus de former des calculateurs, mais des mathématiciens .Cela changeait la donne. Il fallait se désengluer du réel alors qu'il était à la base des conceptions de Freinet. Ce qui lui avait permis, en son temps, de faire effectuer un pas considérable à la pédagogie".
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Impossible ici de retracer 60 années d'enseignement, de recherche où P. Le Bohec s'est dévoué à faire progresser les 6 &endash; 9 ans en misant sur les activités d'expression. Le rôle de l'enseignant ? Accoucheur d'enfants ! " Le "freinétien" est dans cette situation" nous dit-il" "le chaos existe en l'enfant. Il faut en faire un monde et réduire ses pulsions à des formes élégantes afin de lui permettre de retirer un maximum de bénéfices de sa trajectoire particulière de vie".
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Voilà un livre à méditer. Pour la leçon d'histoire des mouvements pédagogiques qu'il nous donne. Mais aussi pour la leçon d'humanité .qu'il partage avec nous. Offrez-vous cette rencontre avec P. Le Bohec !
P.Le Bohec, L'école réparatrice de destins, L'Harmattan, 2007.
F. Jarraud
http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/laclasse/Pages/2008/89_PaulLeBohec.aspx

Ouverture du forum Méthode naturelle
article de Bernard Collot dans Le nouvel éducateur.
1 décembre 2007
de philippe.ruelen
Le 27/11/07, Bernard.Collot <bernard.collot1@orange.fr> a écrit :
C'est bien Paul qui apparaît enfin et non plus comme simple disciple de Célestin.
Un livre de maître (pas que maître d'école !)
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Le temps des disciples est un temps révolu !
Oui, Paul a marqué, marque et marquera le mouvement par son apport au niveau de l'expression et de la création.
Mais, Bernard Collot est bel et bien celui qui a prolongé le mouvement en allant plus loin encore dans l'approche systémique, approche opposée au déterminisme.
Un jour, de passage dans son école où le GEM01 se réunissait, un directeur d'une école d'application à quelques mois de la retraite nous disait : "le plus dur est de durer".
Comment "durer" dans le métier ? Contrairement au déterminisme qui conduit à un état figé, stable finissant par être ennuyeux pour l'instit, l'approche systémique permet d'accroître sans cesse le niveau de complexification du système ..... la question  n'ayant alors plus de sens ... une de plus ....
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Philippe Ruelen, 10 chemin de Cozance 01500 Douvres, 04 74 34 67 50
Ecole de Saint Sorlin en Bugey (5 classes, la mienne : 6 CE1 - 6 CE2 - 11 CM1) http://ecole.marelle.org/stsorlin/
Site perso - http://philippe.ruelen.free.fr/
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C.R.E.P.S.C . -  http://marelle.org
Vers une école du 3ème type - http://3type.marelle.org

27 novembre 2007 aux listes icem et freinet
Bonjour,
De nouveaux livres à lire ...
Sur le site de l'ICEM : Accueil - Actualités - À lire
http://www.icem-pedagogie-freinet.org/travail-cooperatif/espace_organisation/actu/livres/l-ecole-reparatrice-de-destins
Amitiés
Catherine Chabrun

27 novembre 2007
Et le livre de Paul Le Bohec ? Qui l'a lu ?
Moi pas encore
Monique Quertier

27 novembre 2007
de Bernard Collot
Et le livre de Paul Le Bohec ? Qui l'a lu ?
Moi ! évidemment !
"J'aurais vraiment aimé découvrir cet ouvrage de Paul Le Bohec bin plus tôt. Il m'aurait infiniment aidé, aussi bien dans mon travail de recherche que dans mes pratiques d'enseignant, dans mon activité militante que dans mes engagements politiques. Paul Le Bohec, tout d'abord, m'aurait libéré d'une vision trop dogmatique de la pédagogie coopérative et du mouvement initié par Célestin Freinet " Philippe Meirieu dans la postface.
Je n'ai jamais eu d'admiration pour Meirieu qui, à mon sens, n'a jamais vraiment bien compris vers quoi nous poussions. Et bien ça y est ! il vient de commencer à comprendre ! Il a fallu le bouquin de Paul pour ça !
C'est un pavé. Mais il fallait un pavé pour extirper d'une complexité qui s'est construite puis décantée au quotidien pendant plusieurs décennies, la simplicité éblouissante de nouvelles pistes qui prolongent bien loin la PF. Un seul reproche à Paul : il sous-titre son livre "sur les pas de la méthode freinet", il aurait dû le sous-titrer : "dans le prolongement de le pédagogie Freinet" ! C'est bien Paul qui apparaît enfin et non plus comme simple disciple de Célestin. Un livre de maître (pas que maître d'école !)
A lire en prenant son temps, en méditant et en oubliant le mauvais travail d'édition de L'Harmattan.

27 novembre
de Paul le bohec
To: Bernard.Collot
Cc: 'Liste Freinet' ; 'Liste ICEM' ; 'Catherine Chabrun'
Sent: Tuesday, November 27, 2007 4:28 PM
Subject: Re: [ICEM:] A lire
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Bernard, (ou Monique) Je te remercie pour la présentation que tu as faite de mon ouvrage. En ce qui concerne le titre, il y a eu quelque difficulté. L'éditeur voulait mettre :" Sur les pas de Freinet", ce qui correspondait exactement à la réalité, mais je lui ai signalé que cette formule venait d'être utilisée pour présenter le livre qui relatait le parcours de Pierre Guérin.  L'éditeur a mis : "sur les pas de la méthode Freinet", alors que Freinet disait toujours qu'il n'avait pas construit une méthode. Et déjà ,certains copains ont bien l'intention de repréciser les choses. Moi aussi, au début,  je râlais également  quand on parlait  de mathématiques naturelles au lieu de méthode naturelle de mathématiques. Mais c'est la mauvaise formule que s'est imposée dans les esprits.C'est également la formule "la méthode Freinet" qui est la plus fréquente dans le public.
L'essentiel, c'est ce que l'on met en dessous. 
Les Italiens font plus fort. J'ai beau leur dire que ma formule, c'est : "On voudrait ne devoir son savoir qu'à soi seul", ils disent : "On ne devrait devoir son savoir qu'à soi seul.", ce qui est à l'opposé. Mais ce qui compte, c'est ce que l'on met exactement sous la formule

27 novembre 2007
de Philippe Lamy
Oui Monique, un pavéÉ à balancer dans la mare, ou dans la gueule de qui vous voulez. Il est des livres, comme des rencontres, qui marquent. Celui de Bernard Collot et le « 3ème type » puis maintenant celui de Paul. Le point commun, la Créativité libératrice, la liberté de créer, d'explorer, d'être soi parmi les autres car en se libérant soi on libère les autres et lycée de Versailles.
Philippe Lamy

27 novembre 2007
d'Henry Landroit
Je suis assez d'accord avec Bernard.
Cher Paul, j'espère que tu nous lis.
Le mot "méthode"m'a dérangé. Je me bats depuis belle lurette pour que l'on parle de "pédagogie Freinet" et non de "méthode Freinet".
Et récemment encore, mes yeux tombent sur le livre d'Élise "Naissance d'une pédagogie populaire", avec en sous-titre : "(méthodes Freinet)", cette fois au pluriel.
À mon sens, l'on ne devrait garder que deux appellations : "techniques Freinet" (puisque c'est ainsi que lui-même et les premiers adhérents les appelaient) et "pédagogie Freinet", dénomination apparue, si je ne me trompe au congrès de Tours en 1964, deux ans avant sa mort.
Or il me parait qu'une méthode s'applique plutôt à un aspect sectoriel de l'éducation (la méthode Cuisenaire, la méthode naturelle de lecture, etc.) tandis que la pédagogie est plus transversale, c'est à la limite, un ensemble cohérent de méthodes qui s'appliquent à tous les champs de l'activité scolaire.
Encore une remarque : j'ai toujours regretté, dans mon travail de militant, qu'il soit fait référence au nom d'un pédagogue, si grand soit-il.
Ce fut le cas pour Decroly, Steiner et d'autres. J'aurais préféré "pédagogie de l'école moderne" ou quelque chose du genre (surtout pas nouvelle ni active, comme Freinet l'a démontré dans la BEM Moderniser l'école : "Nous disons bien École moderne et non École nouvelle parce que nous insistons beaucoup moins sur l'aspect nouveauté que sur celui d'adaptation aux nécessités de notre siècle..." et dans l'Éducateur technologique, en 1965 : "Nous éliminons volontiers de notre pédagogie le mot de nouvelle ; nous préférons le qualificatif de moderne, ou de modernisation qui montre le souci constant des réformateurs à travers les siècles d'adapter leurs techniques aux nécessités et aux possibilités de l'époque."

27 novembre 2007
de Guy Goupil
Moi Je l'ai lu, le livre de Paul, avant même qu'il soit paru. Pauvre Paul qui s'est battu contre la "méthode" et qu'il a fini par accepter pour que son livre paraisse. Triste histoire de titre et d'éditeur !
C'est un pavé, ce livre, mais si dense qu'il ne peut pas se résumer. C''est un livre qu'il faut avoir lu pour comprendre ce qu'est véritablement la pédagogie Freinet et même peut-être plus.  
Un livre essentiel qui fera date.
Guy

9 novembre 2007 Cest un message d'Hervé Moullé: moulle@ecolebizu.org aux listes freinet, icem, amisdefreinet
Le nouveau livre de Paul Le Bohec est disponible.
"l'école, réparatrice de destins"
Le style et le ton sont admirables, on le lit comme un roman; et surtout le contenu est décoiffant et montre que la Pédagogie Freinet est bien d'actualité.
C'est le livre d'un parcours, c'est le livre d'une vie  et c'est le livre de la Vie.
À cette occasion, le site de Paul est ouvert à l'adresse suivante: http://www.amisdefreinet.org/lebohec
Que dit la 4e de couverture?
L'école,
réparatrice de destins ?
À dix-neuf ans, je me suis trouvé embarqué dans le métier d'instituteur que je ne connaissais pas.
Au début, je n'ai pu compter que sur mes seules ressources pour bâtir ma pédagogie, en me basant toutefois sur une idée que j'avais trouvée dans une revue. Mais quand, au bout de cinq années de tâtonnements, j'en ai découvert l'auteur, Célestin Freinet, j'ai adhéré à son Mouvement et j'ai participé aux travaux en cours.
Après vingt ans d'expérimentations, j'ai repris mon autonomie et j'ai alors abordé des domaines qui n'avaient pas encore été explorés. J'ai même pu poursuivre mes "recherches-inventions" à un plus haut niveau parce que, après mai 68, j'ai été coopté par un groupe d'enseignants de l'IUT-Carrières Sociales de Rennes.
Curieux de connaître les raisons de mon si fort investissement dans la pédagogie, j'ai analysé ma trajectoire de vie et, dans la foulée, celle de quelques-uns de mes anciens élèves. J'ai alors découvert que certains d'entre eux, que j'avais cru déficients, n'étaient en fait qu'encombrés. Grâce à la pédagogie de l'expression-création, un nettoyage intérieur leur avait permis de devenir, à l'égal des autres, capables de connaissance.
"L'expression, a dit Pierre Boulez, suppose un explosif. Il faut donc un explosif et une amorce, un détonateur pour l'allumer."
Pour moi, c'est clair : l'explosif existe en toute personne de par ses débuts dans la vie, à travers ses incidents et ses accidents d'enfance. Et chaque création d'une nouvelle technique pédagogique constitue une nouvelle amorce.
Je pense en définitive que l'enseignement devrait permettre à chacun de se construire une culture personnelle, sur la base de ses données de départ, par le moyen de l'expression-création et au sein d'un groupe positif.
Paul le Bohec
En décidant de s'appuyer sur la Vie et sur la nature de l'être humain, la Pédagogie Freinet a effectué un grand pas. Mais pour que chaque enfant ait des chances de se trouver placé sur sa ligne optimale de développement, il faut lui offrir bien des voies de réalisation de soi.
Cet ouvrage traite de l'invention de nouvelles techniques d'enseignement et des changements, parfois surprenants, qu'elles ont pu provoquer.
Paul Le Bohec, né en 1921, a écrit de nombreux articles et ouvrages de pédagogie ; il a assuré des centaines d'animations pédagogiques.
Table des matières
I - Un métier et un milieu pratiquement inconnus, Gévezé, Le b...a = ba
II - Le patois, Lecture musicale, L'école et la guerre
III - Orgères, Un directeur, Un poste double, Langourla
IV - Quatrième poste, Trégastel, Premières productions, Lettres de Freinet et de sa femme Élise
V - Créations orales collectives, Productions, Origine géographique
VI - Le journal scolaire, Méthode naturelle de lecture, Planning-lancement, Planning-constat, Correspondance, Calcul, Le non-conseil
VII - Virage serré, Importantes décisions, Premier texte "thérapeutique", Parole orale individuelle, Action magnétophonique, Le bégaiement, Le petit balai, La neige
VIII - Le chant libre, Gérard l'H., Dialogue de la mort, Nouveau départ, La part du maître, Poésie, Musique, Clavier
IX - Méthode naturelle de mathématiques, Bachelard, Popper, Cage à fils
X - Méthode naturelle de dessin-peinture, L'art, La thérapie, La liberté, Volumes
XI - Une dyslexie, Textes à suspense, Rencontre avec Rémi, Tâtonnement de l'inconscient
XII - IUT, Instauration d'un atelier de libre écriture collective, Développement, Le travail sérieux, Bilans
XIII - Animations diverses, L'écoute musicale, L'écoute picturale, Don et contre-don
XIV - Problème de la prise de parole en plénière, La co-biographie orale collective, Le mémoire, La co-biographie par correspondance
XV - Pourquoi ?, Un traumatisme psychologique, Partir de zéro, Le développement, La famille, Jeannette
XVI - Complexité, Maths, Coupélacabache, Babillage, Composantes
XVII - L'actualité des idées de Freinet, Une ligne optimale de développement, L'enseignant, Le Mouvement Freinet, Les enfants, Aujourd'hui
XVIII - Trajectoire de vie, Départ, Quatre santés, À chacun sa ligne
XIX - Une classe... unique, Expressions, Guérison ?
L'école, réparatrice de destins ? Autres exemples de déclics
Réflexions
Postface de Philippe Meirieu
Bibliographie
Documents d'accompagnement sur internet
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Le livre est en vente sur amazon et alapage aux adresses suivantes et dans toutes les librairies:
http://www.amazon.fr/Ecole-Reparatrice-Destins-Sur-Methode/dp/229604249X/ref=sr_1_3/171-6409182-8061827?ie=UTF8&s=books&qid=1194591244&sr=8-3
http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/9782296042490/ecole-reparatrice-de-destins-sur-les-pas-de-la-methode-paul-le-bohec.htm?fulltext=paul%20le%20bohec&id=123861194395694&donnee_appel=ALASQ
Amicalement
Hervé Moullé

chronologie
avril 2006, mise en place du site de Paul http://www.amisdefreinet.org/lebohec
novembre 2007, sortie du livre "l'école, réparatrice de destins"